Évaluation du risque pour les soignants liés à l’exposition au protoxyde d’azote par utilisation du MEOPA - 02/06/16
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Résumé |
Objectif |
Les études portant sur l’exposition des soignants au protoxyde d’azote lors de l’utilisation du MEOPA (mélange équimoléculaire d’oxygène et de protoxyde d’azote) à titre antalgique sont peu nombreuses. Des mesurages atmosphériques de protoxyde d’azote ont été réalisés dans différentes unités de pédiatrie, afin de suivre l’évolution des niveaux d’exposition et des conditions sur-exposantes et interpréter les résultats relativement au seuil réglementaire de protoxyde d’azote dans l’air.
Matériel et méthode |
Des prélèvements d’air individuels et ambiants ont été réalisés, l’air étant capté en sacs tedlar par l’intermédiaire de pompes portables. Ils ont été séquencés dans la durée en fonction des différentes phases de travail. Les échantillonnages d’air ont été analysés par chromatographie en phase gazeuse, avec détecteur à décharge ionisante pulsée (GC-PDID) et par spectrométrie infra-rouge.
Résultats |
Au cours de 8 journées complètes, nous avons suivi 34 soignants de 7 spécialités pédiatriques et procédé à des mesurages individuels de protoxyde d’azote dans l’air autour de 33 gestes sous MEOPA.
La valeur limite préconisée de 200ppm sur les courtes durées est fréquemment dépassée dans toutes les unités, avec un taux moyen dans chaque spécialité variant de 233 à 669ppm (indices d’exposition de 1,17 à 3,35).
La valeur limite moyenne d’exposition de 25ppm recommandée sur la journée n’est pas atteinte dans les services d’hospitalisation conventionnelle, avec un taux moyen dans chaque spécialité variant de 6,6 à 13,4ppm (indices d’exposition de 0,17 à 0,34). Par contre, cette limite est souvent dépassée à l’hôpital de jour de pneumologie et gastroentérologie ainsi qu’aux urgences pédiatriques, avec des taux moyens respectifs de 53 et 39ppm. La situation est préoccupante dans ces 2 services à forte activité tout au long de la journée, caractérisée par un grand nombre de soins sous MEOPA confinés dans quelques salles parfois exiguës et par les surexpositions les plus marquées en courte durées (1242 et 1352ppm).
Dans toutes les salles de soins, les taux d’extraction d’air sont très faibles (inférieurs à 2 vol/h).
Conclusion |
Les surexpositions au protoxyde d’azote sont avérées sur les courtes durées dans l’ensemble des services étudiés et sur la longue durée à l’hôpital de jour de pneumo-gastroentérologie et dans le service des urgences. Outre l’utilisation appropriée des matériels de distribution du MEOPA et l’amélioration des procédures de délivrance des gaz, les axes de prévention doivent privilégier une optimisation de la qualité de l’air. Ainsi, il conviendrait d’utiliser le MEOPA dans des locaux adaptés, bénéficiant d’un système de renouvellement d’air efficace afin de réduire les surexpositions.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Protoxyde d’azote, Personnel soignant, Exposition
Plan
Vol 77 - N° 3
P. 430-431 - juin 2016 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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