Néphrites tubulo-interstitielles aiguës secondaires à l’utilisation d’anticorps anti-PD1 et anti-CTLA4 - 20/09/16

Résumé |
Introduction |
Les atteintes inflammatoires d’organe (hypophysite, entérite, hépatite, pancréatite) sont une complication rare mais classique (environ 16 % des cas) des immunothérapies ciblant les inhibiteurs de la co-stimulation lymphocytaire de type anti-CTLA-4 (ipilimumab). D’une part, les atteintes rénales sont encore mal connues (8 cas rapportés), et d’autre part, de nouvelles molécules comme les anticorps anti-PD1 (nivolumab ou pembrolizumab) commencent à être utilisées. Nous décrivons ici un tableau d’IRA secondaire à l’administration d’immunothérapies anti-tumorales chez 3 patients.
Patients et méthodes |
Description clinique et histologiques de trois patientes ayant développé une insuffisance rénale aiguë au cours d’un traitement par nivolumab, pembrolizumab ou ipilimumab pour des cancers métastatiques (poumon, mélanome).
Résultats |
L’insuffisance rénale aiguë (à diurèse conservée) est survenue dans les 4 à 12 semaines suivant l’instauration du traitement (valeurs de créatininémie à 353, 145 et 151μmol/L). Elle fait suite à une hypophysite et une hépatite ou une hypothyroïdie centrale et un diabète secondaire à une pancréatite chez deux patientes. La présentation est celle d’une néphrite tubulo-interstitielle sévère : protéinurie mixte de faible rang (<1g/g), sans hématurie associée ni hypertension. L’imagerie rénale est normale. Chez les 3 patientes, la biopsie rénale a montré un infiltrat interstitiel lympho-plasmocytaire exprimant fortement le marqueur CD3 avec un aspect de tubulite. Le bilan immunologique est négatif. La recherche d’un syndrome hyper-IgG4 est négative. Le traitement a été interrompu, au profit d’une corticothérapie orale à 1mg/kg avec décroissance progressive sur un mois. À la fin du suivi, la creatininémie est à 124, 85 et 76μmol/L, respectivement. Chez deux patientes, un clone T circulant est identifié dans le sang et chez une patiente ce clone est identifié dans le rein en biologie moléculaire.
Discussion |
L’utilisation des anticorps anti-PD1 ou anti-CTLA4 s’accompagne vraisemblablement d’une dérégulation immunologique, au cours de laquelle l’émergence d’un clone autoréactif ciblant l’épithélium contribue au développement d’une néphrite interstitielle aiguë.
Conclusion |
Une corticothérapie transitoire permet un bon contrôle du processus et une amélioration de la fonction rénale.
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Vol 12 - N° 5
P. 352-353 - septembre 2016 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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