Dermatophytie superficielle extensive : étude de 12 cas - 15/11/17
, I. Labbene, I. MokhtarRésumé |
Introduction |
La dermatophytie superficielle est une infection cutanéo-phanérienne superficielle fréquente due à des champignons filamenteux kératinophiles. L’atteinte peut être unique ou multiple avec des placards polycycliques confluents réalisant une dermatophytie superficielle extensive. Nous présentons dans ce travail une série hospitalière de 12 cas de dermatophytie superficielle extensive.
Patients et méthodes |
Il s’agit d’une étude rétrospective, menée au service de dermatologie, colligeant les patients ayant consulté pour une dermatophytie superficielle extensive sur une période de huit ans. Nous avons précisé les données épidémiologiques, les antécédents pathologiques, la durée d’évolution de la maladie, l’aspect clinique des lésions, le résultat du prélèvement mycologique et les modalités du traitement.
Résultats |
Douze patients avaient été colligés au cours de la période d’étude. L’âge moyen au moment du diagnostic était de 56ans. Une dermatophytie superficielle dans la famille était retrouvée dans un cas et la présence de chats domestiques était notée dans deux cas. Une patiente était diabétique et une autre patiente était suivie pour maladie cœliaque sous corticothérapie générale depuis 20ans. L’utilisation inappropriée de dermocorticoïdes de façon prolongée sur les lésions était observée dans trois cas. La durée moyenne d’évolution des lésions cutanées variait de trois mois à 10ans. Un prurit était rapporté dans huit cas. Les lésions cutanées étaient à type de plaques érythémato-squameuses circinées diffuses dans tous les cas avec aspect annulaire dans deux cas. Elles siégeant au tronc dans neuf cas, aux membres dans huit cas et au visage dans deux cas. Un intertrigo inguinal était associé dans quatre cas. Une dermatophytie unguéale confirmée par un prélèvement mycologique était notée dans six cas et une teigne du cuir chevelu était observée dans trois cas. Le prélèvement mycologique direct des lésions cutanées avait objectivé des filaments mycéliens dans tous les cas et la culture pratiquée chez deux patients avaient isolé un Trichophyton rubrum dans les deux cas. Tous nos patients étaient mis sous traitement systémique par griséofulvine dans six cas et par terbinafine dans six cas. L’évolution était favorable dans 10 cas et deux patients étaient perdus de vue.
Discussion |
La dermatophytie superficielle se traduit par une macule érythémato-squameuse souvent prurigineuse, à bord vésiculo-papuleux et à extension centrifuge avec guérison centrale. En l’absence de traitement et notamment sur un terrain immunodéprimé, les lésions se multiplient et confluent en placards polycycliques très étendus d’évolution chronique réalisant une dermatophytie superficielle extensive. L’extension des lésions est également favorisée par l’utilisation inappropriée de dermocorticoïdes de façon prolongée sur les lésions qui se modifient et deviennent papulo-pustuleuses et parfois nodulaires.
Conclusion |
Les dermatophyties superficielles extensives se présentent sous forme de dermatophytie diffuse et chronique mais sans envahissement dermohypodermique survenant chez des malades négligeants, immunodeprimés ou après corticothérapie.
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Vol 37 - N° S2
P. A220-A221 - décembre 2016 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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