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Consommation de nouveaux produits de synthèse en France : données issues de l’enquête OPPIDUM entre 2000 et 2016 - 10/05/18

Doi : 10.1016/j.toxac.2018.04.054 
L. Pochard 1, , E. Frauger 1, A. Giocanti 2, J. Micallef 1

le French Addictovigilance Network (FAN)3

1 Aix-Marseille université, CNRS, institut de neurosciences Timone (INT), AP–HM, service de pharmacologie clinique, centre d’addictovigilance Paca Corse, Marseille, France 
2 Centre d’addictovigilance PACA Corse, centre associé, laboratoire de santé publique, faculté de médecine, EA 3279, Aix-Marseille université, Marseille, France 
3 Centre d’évaluation et d’information sur la pharmacodépendance et d’addictovigilance (CEIP-A) localisés à Bordeaux, Caen, Clermont-Ferrand, Grenoble, Lille, Lyon, Marseille, Montpellier, Nancy, Nantes, Paris, Poitiers et Toulouse, France 

Auteur correspondant.

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Résumé

Objectif

La diversité des nouveaux produits de synthèse (NPS) est un phénomène qui implique de nouvelles problématiques de santé publique, que ce soit à court terme ou à long terme. L’objectif de cette étude est de décrire l’évolution des consommations de NPS au sein d’une population de sujets fréquentant les structures spécialisées dans la prise en charge des addictions et participant à l’enquête OPPIDUM.

Méthodes

Observation des produits psychotropes illicites ou détournés de leur utilisation médicamenteuse (OPPIDUM) est une étude pharmaco-épidémiologique nationale, annuelle et transversale. Les modalités de consommation des substances psychoactives consommées la semaine précédant l’enquête sont décrites par les patients eux-mêmes. Les données OPPIDUM concernant les NPS ont été analysées sur la période 2000–2016.

Résultats

Entre 2000 et 2016, 56 sujets ont déclaré avoir consommé 69 NPS (parmi les 73 584 sujets inclus soit 0,08 %). Sur la même période, 2015 sujets avaient déclaré avoir consommé au moins un ancien produit de synthèse (LSD, amphétamine, MDMA/ecstasy, métamphétamine, MDEA) (2,7 %). Les consommateurs de NPS étaient âgés en moyenne de 32 ans [17–54] (médiane : 31) et étaient majoritairement des hommes (81 %) ; 67 % avaient un niveau d’étude BAC et plus et 59 % déclaraient avoir des revenus réguliers. Les NPS les plus rapportés sont les cathinones de synthèse (n=33 dont méphédrone -1re cathinone consommée rapportée en 2010, 3-MMC, 4-MEC, MDPV, mexedrone, methedrone, alpha-PVP), les cannabinoïdes de synthèse (n=10 dont 5F-AKB48, AB-FUBINACA), les phénéthylamines (n=9 dont 2-CP, 2C-B, 2C-E, DOC, NBOMe, éthylphénidate), les tryptamines (n=5 : DMT, LSA), les dissociatifs de synthèse (n=4 : 3-MeO-PCP, méthoxétamine, methoxyphenidine, diphénidine), des pipérazines (n=2 : BZP), une benzodiazépine de synthèse (étizolam), un opioïde de synthèse (sans autre précision) ainsi que trois NPS non précisés. Les premières consommations de NPS sont décrites en 2008 (BZP et LSA). Jusqu’en 2012, très peu de NPS différents sont décrits (pas plus de deux chaque année) mais à partir de 2013 leur diversité augmente (10 en 2013 et 14 en 2016). Il est intéressant de noter que 70 % des NPS sont obtenus via internet (darknet/clearweb non distingués). Concernant les modes de consommations, 32 % des NPS ont été consommés par voie IV, 36 % par voie nasale, 22 % par voie inhalée et 19 % par voie orale ; 26 % sont consommés dans le cadre d’une dépendance et 13 % pris quotidiennement.

Conclusion

On observe une augmentation de la consommation des NPS ainsi qu’une diversification des substances consommées depuis 2013. Ces consommations concernent des sujets en moyenne plus insérés que les sujets fréquentant habituellement le dispositif de prise en charge spécialisé des addictions. Certains produits comme les cathinones peuvent être associés à des pratiques à risques (injection IV dans le cadre du « slam » chez des hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes). En décrivant les NPS recherchés par les consommateurs, le dispositif OPPIDUM montre sur une période de 15 ans une diversification de l’usage des produits de synthèse et des modalités de consommations à risques. Ces données participent à cibler et à optimiser les actions de prévention primaire et secondaire.

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Vol 30 - N° 2S

P. S45 - juin 2018 Retour au numéro
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