Que nous apportent les réseaux sociaux quant à la crise sanitaire du Levothyrox® d’août 2017 ? - 22/05/18
Résumé |
Objectifs |
Le Levothyrox®, prescrit en France à plus de trois millions de patients atteints de pathologie thyroïdienne, a fait l’objet d’une polémique en août 2017 suite à un changement de formule en mars 2017. Un nombre important d’effets indésirables a été reporté auprès des autorités sanitaires, des incertitudes persistant concernant la nature de ces effets ou leur spécificité par rapport à la nouvelle formule. Parallèlement, 32 millions d’internautes sont actifs en France sur les réseaux sociaux, ce qui favorise les échanges patients sur leurs expériences. L’étude consistait à identifier à travers ces réseaux sociaux ces échanges et les thématiques abordées par les patients concernant le Levothyrox®, ainsi que les effets indésirables mentionnés.
Méthode |
L’étude, en partenariat avec Doctissimo, a été menée via l’outil Detec’t développé par la société Kap Code. L’analyse portait sur les messages anonymisés concernant le Levothyrox® publiés sur Doctissimo entre 2007 et octobre 2017. L’identification des effets indésirables était effectuée via Detec’t. L’application d’un algorithme de veille basé sur le volume de messages postés permettait la classification des observations d’une période selon leur activité, plus ou moins soutenue. Les thématiques de discussion étaient modélisées à l’aide d’un modèle de sujet (topic model). L’application d’un partitionnement k-moyennes (k-means clustering) permettait de catégoriser les auteurs des messages selon leur comportement. Enfin, la détection de signal consistait en l’application de la méthode du PRR Composite sur trois périodes : 2007–2015, 2007–2016 et 2007–2017.
Résultats |
Près de 30 000 messages ont été analysés. L’évolution temporelle mettait en évidence un pic de messages à l’été 2017, concomitant du bruit médiatique lié au changement de formule du Levothyrox® en mars 2017. Plus de 34 000 effets secondaires ont été détectés au sein des messages entre 2007 et 2017. L’algorithme de veille classait les observations de l’été 2017 en activité soutenue. Les thématiques de discussions identifiées couvraient les différents aspects des pathologies thyroïdiennes tels que les actes médicaux relatifs à la maladie, les modalités de la prise du traitement et le parcours de soin. La catégorisation des utilisateurs faisait émerger un groupe de nouveaux internautes n’ayant quasiment posté qu’en 2017. Ils étaient les auteurs de 77 % des messages postés en 2017. Ils abordaient des thématiques différentes telles que le changement de formule, les effets secondaires potentiellement associés et les moyens de se procurer l’ancienne formule à l’étranger. La détection de signaux a mis en avant des signaux déjà connus tels que les chutes de cheveux ou les vertiges. Les deux nouveaux signaux observés en 2017 étaient la froideur des extrémités et la fatigue musculaire.
Conclusion |
Les messages publiés en 2017 concernaient principalement le changement de formule et ses conséquences. Ils étaient majoritairement publiés par de nouveaux utilisateurs. Les effets secondaires médiatisés étaient déjà connus mais ont augmenté en 2017. La surveillance des réseaux sociaux et des effets indésirables rapportés par de nouveaux utilisateurs apparaît comme un outil d’alerte supplémentaire dans la chaîne de surveillance du médicament.
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Vol 66 - N° S4
P. S225 - juin 2018 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.

