Étude de l’usage du méthylphénidate sur les réseaux sociaux - 22/05/18
Résumé |
Objectifs |
Le méthylphénidate, prescrit en France à plus de 49 000 patients atteints de troubles du déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH) âgés de 6 à 17 ans, a fait l’objet de plusieurs études auprès de l’« European Medicines Agency » (EMA) et de l’Agence nationale de sécurité des médicaments et des produits de santé (ANSM) concernant son usage hors Autorisation de mise sur le marché (AMM). Parallèlement, la « Food and Drug Administration » (FDA) et l’EMA ont reconnu les réseaux sociaux comme nouvelle source de données pour renforcer la surveillance des médicaments. Ce travail a consisté en l’exploration du comportement des patients vis-à-vis du méthylphénidate à travers les réseaux sociaux.
Méthode |
L’étude a été menée à partir de messages postés sur cinq forums français généralistes entre 2007 et 2016. La méthode présentée ici consistait en deux étapes. D’abord, un modèle de sujet (topic model) était appliqué pour identifier les thèmes de discussions (topic) autour du méthylphénidate. Ces derniers permettaient de classer les messages selon une thématique. Par la suite, celles qui se rapportaient aux effets secondaires, aux mésusages et aux abus du méthylphénidate faisaient l’objet d’une classification hiérarchique descendante (CHD), directement appliquée aux mots. Différentes sous-thématiques étaient ainsi obtenues.
Résultats |
Le corpus était constitué de 3343 messages. L’application du modèle de sujet a mis en avant 14 topics. Parmi les topics principaux, un était centré sur Les effets secondaires (12,15 % des messages), deux sur le mésusage (intitulés Comparaison aux autres produits et Négativité et peurs, 7,6 % des messages chacun) et un sur l’usage chez les adultes (5,2 % des messages). Les autres concernaient des usages cohérents dans le cadre de l’AMM. La CHD appliquée au topic Effets secondaires mettait en évidence plusieurs troubles liés à la prise du traitement tels que la perte de poids ou encore les vomissements. Concernant les topics du mésusage, la méthode a permis de mettre en avant l’utilisation de la molécule par les adultes ou les étudiants pour un usage récréatif ou pour augmenter leurs capacités. De plus, les patients comparaient les effets de la molécule à certaines drogues telles que les amphétamines. Enfin, le topic sur l’usage par les adultes a mis en avant des erreurs ou des retards de diagnostic de TDAH.
Conclusion |
Cette étude a permis d’identifier un certain nombre d’effets indésirables, ce sujet constituant un thème d’importance au sein des discussions. L’analyse des réseaux sociaux a également permis de mettre en évidence des pratiques non identifiables via les systèmes de soins classiques. Parmi elles, l’usage du méthylphénidate par des populations spécifiques telles que les adultes et les étudiants. Des utilisations hors AMM ont été distinguées : comme substitution aux drogues et en tant que psychostimulant. La surveillance des réseaux sociaux apparait comme un outil d’alerte complémentaire dans la chaine de surveillance des médicaments.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Plan
Vol 66 - N° S4
P. S225 - juin 2018 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.

