Hypocalcémie intense et prolongée dans les suites d’une corticothérapie, initiée dans le cadre d’un lymphome sécrétant de la PTH-rp - 25/08/18
Résumé |
Mme W., 85 ans, hospitalisée pour altération de l’état général.
L’examen clinique retrouve des adénopathies axillaires gauche et inguinale droite évoquant un lymphome. Le bilan biologique initial montre une hypercalcémie maligne corrigée à 3,75mmol/L (N=2,20–2,60), une vitamine B12 à 1297pmol/L (N=141–489), une bêta 2 microglobuline à 4mg/L (N<2,5mg/L), des LDH à 480UI/L (N<200UI/L). Le bilan étiologique de cette hypercalcémie retrouve une carence en vitamine 25-OH-D3 à 8,2ng/mL (N=30–60), une PTH à 2,11pmol/L (N=1,60–6,90), adaptée à la calcémie. La PTH-rp est alors dosée et élevée à 2,3pmol/L (N<1,3pmol/L).
On réalise une cure de 4mg de Zométa, abaissant transitoirement la calcémie corrigée à 2,98mmol/L, donc peu efficace. Une biopsie ganglionnaire à visée diagnostique est proposée. Toutefois, devant la dégradation fulgurante de l’état général, une corticothérapie d’épreuve est instaurée par Solupred 60mg par jour, avec initialement une calcémie corrigée à 3,16mmol/L. On observe dès lors un effondrement majeur de la calcémie corrigée : à j1 2,35mmol/L, à j5 1,80mmol/L, à j7 1,53mmol/L ; justifiant d’un apport calcique de 3 ampoules IV puis 60mg/h×6 pour maintenir une calcémie voisine de 1,55mmol/L pendant une semaine, puis assister à une remontée de calcémie vers 2mmol/L. Parallèlement, l’état clinique s’améliorera nettement.
Conclusion |
Cette observation démontre l’efficacité remarquable sur l’hypercalcémie maligne d’une corticothérapie proposée pour le lymphome. Elle a probablement entraîné une réduction majeure de la sécrétion de PTH-rp par les cellules lymphomateuses conduisant à une hypocalcémie profonde alors que le traitement par bisphosphonates avait été peu efficace.
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Vol 79 - N° 4
P. 416-417 - septembre 2018 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.

