Régression de carcinomes épidermoïde et basocellulaire sous pembrolizumab - 15/01/19
Résumé |
Introduction |
Le traitement des carcinomes épidermoïdes (CE) cutanés avancés inopérables repose sur la radiothérapie et la polychimiothérapie avec sels de platine, avec ou sans l’adjonction d’un anticorps anti-EGFR, le cétuximab. Pour les carcinomes basocellulaires (CBC) avancés, on dispose de deux molécules inhibitrices de la voie Hedgehog, le vismodegib et le sonidegib. Les inhibiteurs des checkpoint immunitaires comme les anticorps anti-PD1 (nivolumab, pembrolizumab) ont une autorisation de mise sur le marché (AMM) dans le mélanome, et en deuxième ligne dans les CE de la tête et du cou pour le nivolumab.
Nous rapportons le cas d’un patient ayant un CE évolué et un CBC cutanés ayant régressé sous pembrolizumab.
Observation |
Un homme de 69 ans isolé socialement, ayant un diabète insulino-requérant, était adressé aux urgences pour un volumineux CE du vertex ulcéro-bourgeonnant mesurant 15cm, évoluant depuis plusieurs mois ou années. Il présentait aussi un CBC de l’aile du nez gauche et une maladie de Bowen pré-sternale. La TEP-TDM (tomographie à émission de positons - tomodensitométrie) trouvait un hypermétabolisme en regard de la tumeur et d’une lyse osseuse frontale et un faible renfort métabolique en regard des ganglions intraparotidiens et cervicaux bilatéraux, sans lésion à distance. La chirurgie et la radiothérapie n’étaient pas retenues en première ligne compte tenu de l’envahissement de la dure-mère. Une chimiothérapie était récusée en raison des difficultés de suivi et du risque infectieux. Un traitement par pembrolizumab, 2mg/kg toutes les 3 semaines, était débuté. Une régression tumorale du CE du vertex était notée progressivement, ainsi qu’une régression complète du CBC du nez et du Bowen sternal. Neuf cures ont été réalisées avec une bonne tolérance. Les contrôles histologiques et radiologiques sont en cours (Annexe A).
Discussion |
Le traitement par anti-PD1 a été retenu pour ce patient après validation en réunion de concertation pluridisciplinaire, compte tenu du contexte psychosocial et médical à risque pour une chimiothérapie, en l’absence de possibilité d’inclusion dans un essai clinique, et sur les données favorables de la littérature pour les anti-PD1, plutôt que le cétuximab en monothérapie. Quelques cas de carcinomes épidermoïdes non opérables en rémission sous anti-PD1 ont été publiés dans la littérature. Un cas de CBC métastatique ayant régressé sous anti-PD1 a été publié. Par ailleurs, la toxicité des anti-PD1 est moindre que celle d’une chimiothérapie. Dans un essai, le taux global de grade 3–4 était de 10 % pour l’anti-PD1 vs 50 % pour le docetaxel.
Conclusion |
Nous rapportons une observation originale de carcinome basocellulaire ayant régressé sous anti-PD1 (pembrolizumab) prescrit pour un carcinome épidermoïde cutané inopérable. La place de ce traitement reste à définir. Des essais contrôlés sont en cours pour les CE cutanés évolués. Pour les CBC non opérables, un essai est en cours versus vismodegib, qui a des effets indésirables importants et un coût non négligeable.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Carcinome basocellulaire, Carcinome épidermoïde, Pembrolizumab
Plan
| ☆ | Les illustrations et tableaux liés aux abstracts sont disponibles à l’adresse suivante : https://doi.org/10.1016/j.annder.2018.09.245. |
Vol 145 - N° 12S
P. S178 - décembre 2018 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement.
Déjà abonné à cette revue ?
