Le temps au sein d’urgences psychiatriques : mais que nous disent les intervenants ? - 29/05/20
Résumé |
Introduction |
Dans une société où l’urgence, l’immédiateté et la vitesse sont valorisées [1, 2], notre étude se propose d’explorer ce nouveau rapport au temps au sein de nos lieux de soins. En effet, la psychiatrie s’acclimate malheureusement à ces constats sociétaux et ces logiques comptables accélérées [3]. Notre intérêt se porte vers les services d’urgences psychiatriques, lieux censés accueillir l’urgence objective et subjective. Plus spécifiquement, nous nous intéresserons au vécu du temps qui s’écoule pendant, un moment particulier, comme le processus d’accueil.
Méthode |
C’est dans une logique qualitative que sont abordés le recueil et l’analyse des données. Neuf intervenants de la crise, issus de trois unités de crise et d’urgences psychiatriques, ont participé à l’étude. Les données ont été récoltées à l’aide d’entretiens semi-directifs et analysées selon la méthodologie par théorisation ancrée [4].
Résultats |
L’analyse par théorisation ancrée a fait émerger quatre phénomènes significatifs traduisant le vécu de la temporalité aux urgences psychiatriques : temporalités humaines plurielles [2], impacts des temporalités multiples [3], temporalités réorganisatrices du lien [1], appropriation de la temporalité [3]. Nous constatons que la manière de s’approprier le temps dépendra essentiellement du contrôle émotionnel et d’une mise en réflexivité des actions thérapeutiques.
Conclusion |
Inscrits dans une temporalité de l’immédiateté, de la vitesse, et de l’urgence, les intervenants de la crise montrent des traces de ce malaise : sensations de fatigue, d’épuisement, d’insatisfaction, sentiments d’impuissance, et difficultés de communication. Pris par ces demandes de soulagement rapide, il est fort probable que les intervenants réagissent en miroir au fonctionnement du patient. Afin d’éviter ces écueils, les participants nous proposent bien au contraire de penser « moins vite et mieux ». En somme, prendre le temps, c’est gagner du temps ! Les échanges en équipe sont autant de moments suspendus afin de freiner ce temps de l’urgence, de reprendre un processus de pensée et d’éviter un agir trop rapide. Les participants souhaiteraient que la composante relationnelle soit davantage favorisée avec les patients.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Temporalités, Recherche qualitative, Urgence psychiatrique, Vécu, Théorisation ancrée
Plan
Vol 1 - N° S2
P. S125 - décembre 2019 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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