Chirurgie d’une épilepsie pharmaco-résistante : à propos d’un cas et une revue de la littérature - 14/09/20
Résumé |
Introduction |
L’épilepsie est, avec une prévalence de 0,5 à 1 %, l’une des affections neurologiques les plus fréquentes. Plus de la moitié des épileptiques ont une épilepsie partielle, parmi lesquels 20 à 40 % sont mal contrôlés par le traitement médicamenteux. Et on estime qu’un tiers d’entre eux sont des candidats potentiels à la chirurgie. La chirurgie ne doit pas être considérée comme un traitement « de dernier recours ». La chirurgie de l’épilepsie constitue aujourd’hui une alternative bien établie qui mérite d’être prise en considération bien plus tôt dans le courant de l’évolution de la maladie.
Cas clinique |
Une femme de 46 ans, célibataire, épileptique connue et suivie depuis 20 ans par son neurologue qui nous a été adressée en consultation pour une épilepsie pharmaco résistante sous 04 antiépileptiques avec une IRM cérébrale qui montre une lésion temporale évoquant une DNET. Le début semble remonter à 20 ans ou la patiente a été suivi pour des crises généralisées type absence qui été sous Valproate de sodium 500mg associée à de la Carbamazépine LP 400mg mais devant l’apparition des crises partielles temporale un scanner a été demandé qui a révélé que des calcifications dans la fausse temporale. Puis un traitement à base de Lamictal 100mg est introduit à raison de 2cp deux fois par jour sans amélioration alors un traitement à base de Keppra à raison de 2cp deux fois par jour est entamé et depuis 2016 son médecin lui rajoute du Phénobarbital à raison de 150mg jour puis augmentation des doses du Keppra à 750mg é cp deux fois par jour. En fin, le médecin constate qu’il s’agit d’une épilepsie pharmaco-résistante et lui demande une IRM qui montre un aspect d’une lésion temporale évoquant une DNET (dysembryoplasic neuroepithelial tumor) d’où son orientation en neurochirurgie. À l’admission : on retrouve la notion de deux à trois crises d’épilepsie par jour avec quelques difficultés du langage en post critique. La patiente a été opérée ; l’histologie est revenue en faveur d’un gangliogliome.
Résultats |
On a constaté une nette amélioration : arrivée à une crise par mois dans les trois mois postopératoires avec un traitement par du Vitram, Amictal et Présiva. Le cas de notre patiente évoque une épilepsie pharmaco résistante très précoce de son suivi Se contenter d’un scanner pour une épilepsie secondaire pharmaco résistante est inadéquat alors que l’indication d’une IRM s’impose. L’IRM était évocatrice d’une DNET : lésion arrondie, plutôt en hypo signal Tl et hyper signal T2 aux contours nets. On retrouve fréquemment une déformation en regard de la lésion, liée au développement xérophytique de la tumeur avant l’ossification de la voûte. La prise de contraste est pratiquement constante. La présence de calcifications est également rencontrée. Cependant l’étude histologique trouve des cellules neuronales de type ganglionnaire d’aspect plus volumineux et l’immunomarquage à la synaptophysine est informatif. La localisation de la tumeur est un élément pronostic majeur en termes de décès et de récurrence postopératoire. Le pronostic chirurgical est donc excellent avec une survie à 10 ans proche de 95 %, surtout en cas d’exérèse complète.
Conclusion |
Bien que la chirurgie de l’épilepsie soit débutante en Algérie, elle trouve toute sa place dans le traitement de l’épilepsie pharmaco-résistante et de ce fait, un travail multidisciplinaire de neurologues, neurochirurgiens, neurophysiologiste et pharmaciens s’impose.
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Vol 66 - N° 4
P. 294 - août 2020 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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