Polyarthrite rhumatoïde et VIH - 30/11/20
Résumé |
Introduction |
La polyarthrite rhumatoïde (PR) est le plus fréquent des rhumatismes inflammatoires chroniques. Il peut survenir sur des terrains particuliers tel que chez les patients vivants avec le VIH (PVVIH). Ces PVVIH vieillissant grâce aux trithérapies deviennent plus à même de présenter des pathologies correspondant à des âges qu’ils n’atteignaient pas auparavant, dont la PR. Il a été estimé que la prévalence de la PR dans une cohorte de PVVIH en France était de 212 pour 100 000 en 2018. Les données cliniques publiées de cas de PR chez les PVVIH sont extrêmement rares. La prise en charge de ces patients, nécessitant un traitement immunosuppresseur associé à un traitement antirétroviral, est rendue complexe par les risques d’interactions, de complications infectieuses ou d’effets secondaires.
L’objectif de cette étude était donc de décrire les caractéristiques clinicobiologiques, les traitements reçus et l’évolution de la PR au sein d’une cohorte de PVVIH ayant secondairement développé une PR.
Matériels et méthodes |
Il s’agissait d’une série de cas avec retour au dossier, de patients ayant présenté une PR après le diagnostic de VIH parmi les patients suivis dans la cohorte nationale multicentrique prospective Dat’AIDS. Tous les PVVIH suivis entre 2000 et 2018 ayant présenté une PR après le diagnostic de séropositivité ont été inclus à l’aide des codes CIM10.
Résultats |
Au total, 32 patients ont été inclus. La majorité étaient des femmes (52,2 %) et d’origine européenne (63,5 %). L’âge médian au diagnostic de séropositivité était de 34 ans, aux premiers symptômes de PR de 46 ans et au diagnostic de PR de 47,5 ans. Deux tiers répondaient aux critères ACR EULAR, près de la moitié avaient des facteurs rhumatoïdes ou des anti-CCP positifs. Les CD4 au diagnostic étaient à 557/mm3 et la charge virale était inférieure au seuil dans 24 cas. Le traitement préférentiel de première ligne était le méthotrexate (n=20, 69,0 %). La première ligne a été reçue en médiane pendant 36 mois, a été arrêtée dans 17cas (56,3 %) essentiellement pour effets secondaires (n=6, 35,4 %). Seuls trois patients ont présenté un évènement infectieux significatif au cours du suivi. Cinq patients ont reçu une biothérapie au cours du suivi. Un facteur rhumatoïde positif et une CRP plus élevée au diagnostic étaient statistiquement associés au choix du clinicien d’instaurer une 2e ligne de traitement pour la PR.
Discussion |
L’apparition de phénomènes dysimmunitaires chez le patient infecté par le VIH peut être l’effet direct de la progression de la maladie vers le stade SIDA ou du rétablissement des fonctions immunitaires chez les patients connus séropositifs depuis en médiane 15 ans. Les CD4 aux premiers symptômes étaient similaires à ceux présents un an auparavant, allant plutôt contre l’hypothèse de l’apparition des signes concomitamment d’une restauration immunologique.
Conclusion |
La PR survient majoritairement chez des PVVIH diagnostiqués depuis de nombreuses années, en succès immunovirologique sous trithérapie efficace.
Les traitements antirhumatismaux sont utilisés dans cette population immunovirologiquement contrôlée et semblent avoir un profil de tolérance satisfaisant. Un FR positif ou une CRP élevée au diagnostic pourraient être des marqueurs pronostiques dans cette population.
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Vol 87 - N° S1
P. A161 - décembre 2020 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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