Gonarthrose : impact de la sévérité radiographique sur l’incapacité fonctionnelle évaluée par le Knee Injury and Osteoarthritis Outcome Score - 30/11/20
Résumé |
Introduction |
La majorité des travaux sur la gonarthrose s’accordent sur l’absence de parallélisme radio-clinique. Le but de cette étude était d’étudier la corrélation entre la sévérité de la progression radiographique et le retentissement fonctionnel au cours de la gonarthrose évalué par un score spécifique d’évaluation du genou arthrosique.
Patients et méthodes |
Étude transversale monocentrique ayant recensé des patients atteints de gonarthrose (critères de l’ACR). Les données sociodémographiques, les comorbidités et les caractéristiques cliniques de la gonarthrose à savoir l’intensité de la douleur évaluée par l’Échelle Visuelle Analogique (EVA) ont été collectées. Le retentissement fonctionnel a été évalué par le Short form of the Knee Injury and Osteoarthritis Outcome Score (KOOS-PS) avec un score allant de 0 (aucune difficulté) jusqu’à 100 (extrême difficulté). Les radiographies des genoux étaient classées selon les critères de Kellgren Lawrence (KL) en gonarthrose modérée (KL 1-2) ou sévère (KL 3-4). Une analyse statistique a été faite pour déterminer la corrélation entre le score KOOS-PS et la sévérité radiographique.
Résultats |
Au total, 93 patients ont été inclus, comprenant 92,5 % femmes, d’âge moyen 65,03±18,5 ans. La durée moyenne d’évolution de la gonarthrose était de 3,5 ans [3 mois–20 ans]. Concernant l’état civil, 53,8 % des patients étaient mariés, 34,4 % étaient veufs et 10,8 % étaient divorcés. La majorité des patients étaient analphabètes (65,6 %) alors que 2,2 % des patients étaient scolarisés. Trente-sept pour cent des patients appartenaient à une classe socio-économique défavorisée. Quatre-vingt-treize pour cent des patients avaient au moins une comorbidité et leur indice de la masse corporelle moyen était de 31,6±6,3kg/m2 [19,9–52,3]. La gonarthrose était bilatérale dans 97,8 % des cas. Vingt-cinq pour cent des patients avaient d’autres localisations d’arthrose à savoir le rachis (22,5 %), les mains (7,5 %), les hanches (7,5 %) et les chevilles (1 %). L’EVA douleur moyenne était de 6,6±1,6 et le KOOS-PS moyen était de 45,68±18,5/100. Une gonarthrose modérée et sévère étaient notées chez respectivement 22,6 % et 77,4 % des patients. Aucune corrélation statistiquement significative n’était trouvée entre la sévérité radiographique et le score de KOOS-PS (p=0,5), l’EVAdouleur (p=0,5), le sexe (p=0,6) et la présence d’autres localisations d’arthrose (p=0,7). Cependant, la progression structurale de la gonarthrose (critères KL) était corrélée avec l’âge (p=0,03 ; r=0,2) et la durée d’évolution des symptômes (p=0,04 ; r=0,2).
Conclusion |
En accord avec la littérature, notre étude confirme l’absence d’impact de la sévérité structurale sur la fonction dans la gonarthrose. Par conséquent, une évaluation systématique de la fonction est nécessaire même dans la gonarthrose modérée (KL1-2) afin d’adapter le traitement et ainsi améliorer la qualité de vie des patients.
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Vol 87 - N° S1
P. A209 - décembre 2020 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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