Existe-t-il des facteurs prédictifs de réponse aux ondes de choc focales dans le traitement des tendinopathies achilléennes ? - 30/11/20

Résumé |
Introduction |
Les ondes de chocs extracorporelles (OCE) focales font partie de l’arsenal thérapeutique des tendinopathies achilléennes. Elles reposent sur le principe de cavitation au sein du tendon par des ondes sonores afin de créer une microvascularisation locale avec appel de facteurs de croissance et ainsi favoriser la cicatrisation tendineuse. Les données de la littérature mettent en évidence une efficacité chez plus de 80 % des patients [1]. Nous avons cherché à déterminer s’il existait des facteurs prédictifs de réponse aux OCE.
Patients et méthodes |
Une étude rétrospective monocentrique a été réalisée au centre Lyon Choc entre le 1er janvier 2016 et le 31 décembre 2019. Les patients ont été traités avec un appareil Dornier délivrant des ondes de choc focales. Le protocole de traitement était similaire avec un minimum de deux séances espacées de 15jours d’intervalle. La réalisation de séances supplémentaires a été laissée à l’appréciation du médecin et du patient selon l’efficacité clinique. L’intensité des OCE a été déterminée selon la tolérance du patient et son morphotype. L’efficacité a été recueillie par auto-évaluation à chaque séance.
Résultats |
Au total, 465 patients ont été traités pour une tendinopathie achilléenne pendant cette période. L’âge moyen est de 61,5 ans avec un sex-ratio masculin à 54 %. Parmi ces 465 patients, 90 (19,4 %) n’ont retiré aucun bénéfice avant la dernière séance d’OCE et 111 (23,9 %) en ont ressenti une amélioration de 75 % ou plus. En comparant ces 2 groupes, il n’a pas été noté pas de différence significative dans la manière de réaliser les séances avec un nombre de séances (2,94 vs 3,38), une intensité (6,15 vs 6,61) et une énergie totale similaire (15 752mJ vs 15 376mJ). L’âge n’apparaît pas comme un facteur prédictif de réponse également (55,9 ans vs 58,9 ans). Le groupe « non répondeur » était par contre plus féminin (52,3 % vs 37,8 % ; p=0,044) et avait une durée d’évolution plus courte (10 mois vs 18 mois ; p=0,027).
Discussion |
Une fois de plus les OCE focales apparaissent comme un traitement efficace des tendinopathies achilléennes avec 80,6 % de patients répondeurs dans cette étude. Le sexe féminin apparaît comme un facteur de mauvaise réponse. L’évolution plus longue comme facteur de bon pronostic apparaît plus surprenante de prime abord. Le mécanisme physiopathologique des OCE explique probablement ces bons résultats en relançant le processus de cicatrisation qu’aurait perdu des tendons plus déstructurés par une longue évolution. Les principales forces de cette étude sont le nombre important de patients traités et il s’agit à notre connaissance de la seule étude recherchant des facteurs prédictifs dans cette localisation. La principale limite tient à l’absence d’imagerie réalisée avant et après la réalisation des OCE.
Conclusion |
Le sexe masculin et une durée d’évolution plus longue apparaissent dans cette étude comme des facteurs de bonne réponse aux OCE pour les tendinopathies achilléennes. La façon de réaliser les séances (intensité, nombre de choc et énergie totale délivrée) n’influent pas sur la réponse au traitement.
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Vol 87 - N° S1
P. A243-A244 - décembre 2020 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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