Particularités du syndrome des antiphospholipides primitif chez le sujet âgé - 19/12/20
, H. Hachicha 3, M. Snoussi 2, N. Regaieg 1, I. Chabchoub 2, D. Chebbi 1, C. Damak 2, R. Ben Salah 2, H. Masmoudi 3, Z. Bahloul 2Résumé |
Introduction |
Le syndrome des antiphospholipides (SAPL) est défini par la récurrence d’évènements thrombotiques et/ou obstétricaux en présence d’anticorps antiphospholipides de façon durable. Il survient généralement chez les sujets jeunes. Sa fréquence est moins importante chez le sujet âgé. Le but de ce travail est de décrire le profil clinique et biologique chez les sujets âgés de plus de 65 ans.
Patients et méthodes |
Notre étude est rétrospective colligeant tous les patients atteints d’un SAPL primitif, et qui répondent aux critères clinicobiologiques de Sapporo révisés en 2006, durant la période allant de janvier 1996 jusqu’à décembre 2019 au service de médecine interne CHU Hédi Chaker Sfax. Afin de déterminer les particularités cliniques, immunologiques et évolutives du SAPL chez le sujet âgé, nous avons étudié la population d’âge supérieur ou égal à 65 ans.
Résultats |
Parmi une série de 48 patients suivis pour SAPL primaire, 8 sujets âgés ont été étudiés (16,7 %). Il s’agissait de 4 hommes et 4 femmes. L’âge moyen au moment du diagnostic du SAPL était de 76 ans (extrêmes : 65 ans–85 ans). Tous ces patients avaient présenté un évènement vasculaire : une thrombose veineuse profonde du membre inférieur dans 5 cas, une thrombose profonde du membre supérieur dans un cas, une occlusion de l’artère centrale de la rétine (OACR) dans un cas, une thrombose veineuse profonde du membre inférieur et un accident vasculaire cérébral (AVC) dans un cas. Dans les antécédents on a trouvé : une bronchopneumopathie obstructive, une cardiopathie, une dyslipidémie et un diabète dans un cas chacun. Une hypertension artérielle (HTA) dans 2 cas, l’association d’une HTA, d’un diabète et d’une dyslipidémie dans un cas et l’association d’une HTA et d’un diabète dans un cas. Les anticorps anticardiolipines (ACL) ainsi que les anticorps anti-β2 glycoprotéines (anti-B2GP1) étaient demandé chez tous les patients, ils étaient positifs chez 6 et 3 patients respectivement. La recherche d’un anticoagulant circulant (ACC) était demandé dans 6 cas, elle était positive dans un cas. Une double positivité des anticorps (ACL et anti-B2GP1) était notée dans 2 cas. Sur le plan thérapeutique : tous les patients ont reçu une anticoagulation curative. Deux patients ont reçu en plus un antiagrégant plaquettaire et un patient a reçu une statine. L’évolution après traitement était favorable dans 6 cas. La récidive était notée dans un cas et l’absence de reperméabilisation dans un cas. Des complications secondaires au traitement et à la maladie étaient notées chez quatre patients au cours du suivi à type de complications hémorragiques chez 2 patients, la survenue d’un infarctus du myocarde et d’un syndrome post phlébitique dans un cas et la survenue d’un AVC chez un patient. Des complications non liées au SAPL étaient constatées chez 3 patients : une néoplasie digestive, un lymphome digestif et une crise de goutte dans un cas chacun.
Conclusion |
Le SAPL primitif survient de façon moins fréquente chez le sujet âgé. La manifestation clinique la plus fréquente dans notre série était la thrombose veineuse profonde avec une positivité plus fréquente des ACL. Le risque cardiovasculaire est plus élevé dans cette tranche d’âge ainsi que les complications hémorragiques liées au traitement nécessitant une surveillance plus étroite.
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Vol 41 - N° S
P. A146 - décembre 2020 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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