Lupus subaigu induit par la terbinafine - 19/12/20
Résumé |
Introduction |
La fréquence des lupus induits d’origine médicamenteuse pourrait représenter jusqu’à 10 % des malades lupiques. Le diagnostic de lupus induit médicamenteux repose sur l’apparition d’au moins une manifestation clinique lupique, la positivité des auto-anticorps, la survenue des manifestations après l’introduction d’un médicament inducteur connu et la régression de ces signes à l’arrêt du traitement. Nous rapportons un cas de lupus subaigu induit par la terbinafine.
Observation |
Il s’agissait d’une patiente âgée de 27 ans qui consultait pour des lésions cutanées évoluant depuis une semaine. Elle était suivie depuis 8 ans au service de médecine interne pour une maladie de Still compliquée, initialement d’un syndrome d’activation macrophagique en rémission clinicobiologique depuis 6 ans. À l’examen, elle présentait une éruption érythématopapuleuse prurigineuse localisée au niveau des pommettes, avant-bras et des faces d’extension des jambes. Les lésions cutanées sont apparues 15jours après le début d’un traitement par la terbinafine pour une mycose vaginale. La patiente n’était pas fébrile. À la biologie, la vitesse de sédimentation était accélérée à 50 avec une protéine C réactive normale. La numération formule sanguine montrait une lymphopénie à 900. Les anticorps antinucléaires étaient positifs avec des anti-ADN natifs positifs. La biopsie cutanée objectivait un aspect histologique compatible avec un lupus subaigu. Le traitement antifongique était arrêté et la patiente était mise sous dermocorticoïdes avec une amélioration progressive des lésions cutanées.
Discussion |
Pour retenir le diagnostic de lupus induit, cinq critères sont nécessaires : les signes cliniques et biologiques doivent être absents avant l’administration du médicament ; il doit exister la notion de prise d’un médicament connu potentiellement inducteur ; les symptômes doivent être réversibles à l’arrêt de la molécule en cause dans des délais variables allant de quelques semaines à deux ans et la présence d’AAN avec au moins un symptôme clinique de lupus systémique. Le cinquième critère est la réapparition des manifestations pathologiques si jamais le médicament est réintroduit. Le lupus induit par la terbinafine était décrit pour la première fois 1998 et depuis plus d’une trentaine de cas ont été décrites. Le délai d’apparition des lésions est de 1–8 semaine après l’introduction du traitement. La disparition de l’éruption au bout d’un délai moyen de 6 semaines est la règle.
Conclusion |
La prescription de terbinafine est déconseillée chez les patients atteints de lupus érythémateux et doit être prudente chez les patients présentant des signes de dysimmunité. Elle doit être réservée aux dermatophyties unguéales prouvées par prélèvement mycologique.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Plan
Vol 41 - N° S
P. A146-A147 - décembre 2020 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement.
Déjà abonné à cette revue ?

