SplenoMegaly Study : résultats intermédiaires - 19/12/20
, L. Terriou 2, T. Sené 3, R. Costello 4, G. Urbanski 5, M. Michaud 6, L. Sanhes 7, F. Bauduer 8, A. Lagadec 9, C. Rose 10, M.G. Berger 11Résumé |
Introduction |
La plupart des étiologies courantes de splénomégalies (SMG) sont facilement identifiées en pratique clinique courante. Cependant, une fois ces diagnostics de première intention écartés, la démarche diagnostique est alors un vrai défi, la SMG pouvant être associée à des étiologies plus rares comme les maladies de surcharge lysosomale (MSL). L’étude SMS (SplenoMegaly Study) est une étude française prospective, observationnelle, multicentrique et longitudinale, qui a pour objectif d’estimer la prévalence des différentes étiologies de SMG inexpliquées. Les résultats intermédiaires présentés ici portent sur les caractéristiques des patients et les tests et diagnostics établis lors du suivi.
Patients et méthodes |
Depuis 2015, tout patient âgé de 15 ans et plus et adressé vers un service d’hématologie ou de médecine interne des 118 hôpitaux participants, avec une SMG d’étiologie inexpliquée (définie comme d’origine inconnue après exclusion des diagnostics de première intention sur la base d’un interrogatoire, d’un examen clinique et d’un bilan biologique de routine) ont été inclus. Pour chaque patient, la dernière visite a lieu lorsqu’une étiologie est identifiée ou jusqu’à 12 mois après l’inclusion. Comme il n’existe pas de définition précise de SMG, l’application Splenocalc [Chow and al., 2016], a été utilisée pour confirmer la SMG. L’objectif est d’inclure 500 patients.
Résultats |
En septembre 2019, 374 patients (60 % d’hommes) ont été inclus, avec un âge médian de 53 ans (16–94 ans), une longueur médiane de la rate de 15cm (13–30cm) et une structure homogène de la rate pour 88 % d’entre eux. Une échographie et un scanner ont été réalisés pour confirmer la SMG chez respectivement 53 % et 46 % des patients. Au total, 276 patients (74 %) ont terminé l’étude, dont 138 (50 %) ont eu un diagnostic établi. Par rapport aux patients restés sans diagnostic, les patients avec un diagnostic sont plus âgés (âge médian 62,0 ans contre 45,5 ans ; p<0,001), ont plus souvent une SMG massive (≥18cm) (25 % contre 12 % ; p=0,008) et une structure hétérogène de la rate (18 % contre 6 % ; p=0,04). Les résultats de leurs tests biologiques (hémoglobine, CRP, albumine) sont significativement en dehors des valeurs normales ; un taux de plaquettes <100g/L : 28 % vs 13 % (p=0,002), une hypogammaglobulinémie ≤5g/L : 8 % vs 2 % (p=0,025) et une gammapathie monoclonale : 14 % (avec 33 % d’isotype IgM) vs 5 % (p=0,018). Cependant, aucune différence entre les 2 groupes n’a été retrouvée concernant les taux de leucocytes et la plupart des tests hépatiques. Les patients avec un diagnostic établi présentent plus des symptômes généraux (49 % contre 35 %) et digestifs (41 % contre 28 %) que les patients restés sans diagnostic.Cinq catégories diagnostiques ont été identifiées : les hémopathies lymphoïdes (n=40 ; 29 % ; âge médian : 66) ; les hypertensions portales (n=22 ; 16 % ; âge médian : 62) ; les maladies auto-immunes (n=21 ; 15 % ; âge médian : 48) ; les hémopathies myéloïdes (n=21 ; 15 % ; âge médian : 68) ; et les autres diagnostics, y compris les MSL (n=33 ; 24 % ; âge médian : 44). Les hémopathies malignes sont plus fréquentes chez les patients les plus âgés (âge médian : 66,0 ; p<0,001) et chez les patients présentant une SMG massive (p<0,001) en comparaison aux autres catégories diagnostiques. Des biopsies ont été effectuées chez 36 % (98/276) des patients : les biopsies de la moelle osseuse (BOM) (63 %), de la rate (13 %) et du foie (12 %) ont été les plus fréquentes. La BOM a permis de poser un diagnostic chez 53 % des patients. Une splénectomie a été réalisée chez 11 patients (4 %) ; un diagnostic a été posé chez 8 d’entre eux.
Conclusion |
La SMG inexpliquée semble être un challenge diagnostique pour lequel l’interniste et l’hématologue ont un rôle clé. Après 12 mois d’investigations régulières, 50 % des patients sont restés sans diagnostic. Les patients avec un diagnostic établi, en particulier ceux avec des hémopathies malignes, sont plus âgés et ont une rate de taille plus importante que les patients restés sans diagnostic. La BOM semble être un examen utile dans la démarche diagnostique. Les pathologies non malignes représentent 65 % des diagnostics. Ces résultats intermédiaires doivent être interprétés avec prudence car la population cible n’a pas encore été atteinte. Les résultats définitifs sont attendus en 2021. Cette étude SMS est sponsorisée par Sanofi Genzyme.
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Vol 41 - N° S
P. A79-A80 - décembre 2020 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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