Fixation pulmonaire lors du balayage à l’iode 131 : métastase d’un carcinome différencié de la thyroïde ou foyer inflammatoire ? - 03/08/21
, S. Merad, A. MedjahediRésumé |
Introduction |
Les métastases à distance du carcinome différencié de la thyroïde sont le plus souvent pulmonaires et osseuses. Le diagnostic de ces métastases repose essentiellement sur l’imagerie dont la scintigraphie post-thérapeutique à l’iode 131 est très spécifique, mais peu sensible dans la détection des récidives et des atteintes secondaires et peut être à l’origine de faux-positifs.
Matériels et méthodes |
Nous rapportons le cas d’un homme âgé de 42 ans, opéré en 2019, Il avait bénéficié d’une thyroïdectomie totale dont l’étude anatomopathologique a montré l’aspect histologique d’un carcinome papillo-vésiculaire classé pT3NxMx. Le patient est admis pour une totalisation isotopique par l’iode 131 après un sevrage en hormones thyroïdiennes de 6 semaines. Il a reçu une gélule d’iode 131 d’une activité de 3885 Méga Becquerel (Bq) Un balayage du corps entier est réalisé à j3 ainsi que des images tomoscintigraphiques couplées à la TDM (SPECT-CT) centrées sur le cou et le thorax à l’aide d’une gamma caméra hybride SPECT-CT (Infinia Hawkeye, GE®).
Résultats |
Le balayage du corps entier réalisé à j3 montre à l’étage cervical deux foyers d’hyperfixation intense, médian et paramédian gauche et, ailleurs, un foyer d’hyperfixation intense en projection de l’hémithorax droit mieux visualisé en incidence postérieure. Des acquisitions SPECT/CT centrées sur la région cervicothoracique montrent que la fixation cervicale est en rapport avec un reliquat thyroïdien, tandis que la fixation thoracique est sans traduction scanographique. Devant cet aspect fortement évocateur de métastase pulmonaire, un scanner cervicothoracique a été pratiqué et a montré la présence de condensations rétractiles pulmonaires apicales droites avec un emphysème, une condensation pulmonaire apicale gauche séquellaire et des micronodules sous-pleuraux apico-basaux droits sans signification pathologique. À l’interrogatoire, le patient a décrit avoir été atteint d’une bronchite bronchopulmonaire avec antécédent d’une atteinte tuberculeuse. Un bilan de défreination, réalisé une année après l’irathérapie, a montré une hTg indétectable sous une TSH à 100 Uui/mL avec un taux des ACT non significatif. L’évolution après a été favorable avec Tg sérique toujours indétectable.
Conclusion |
Une fixation pulmonaire chez un patient atteint de pathologie respiratoire inflammatoire doit être interprétée avec soin pour éviter un prolongement des soins et une irradiation inutile du patient.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : 131I, Cancer différencié de la thyroïde, Irathérapie, Métastases pulmonaires, Faux-positif
Plan
Vol 45 - N° 4
P. 211 - juillet 2021 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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