Interférence analytique de l’hydroxychloroquine dans la recherche qualitative de la buprénorphine dans les urines - 20/09/21
, Edouard Le Carpentier, Guillaume Deslandes, Ronan BellouardRésumé |
Objectifs |
L’hydroxychloroquine est un médicament prescrit dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde et du lupus érythémateux disséminé (LED). Dans cette étude, nous décrivons une interférence analytique de l’hydroxychloroquine lors de la recherche automatisée de la buprénorphine dans l’urine (méthode CEDIA®, Thermo Scientific®, sur COBAS 8000 c502 Roche Diagnostic®), ayant conduit à un résultat faussement positif chez une patiente.
Méthode |
Pour vérifier cette interférence, une urine de donneur a été surchargée avec une solution d’hydroxychloroquine (Alsachim®). Les concentrations suivantes ont été préparées : 0, 10, 25, 50, 75, 100, 250, 500, 1000, 1500, 2000μg/L. La recherche urinaire de buprénorphine a été réalisée 5 fois par niveau de concentration. L’étalonnage préalable de l’automate a été effectué avec les calibrateurs du fournisseur sur 5 niveaux de concentration (0, 5, 20, 50 et 75μg/L). Le seuil de positivité défini est à 5μg/L.
Résultats |
Lors de l’analyse des urines surchargées aux concentrations les plus faibles (0, 10, 25μg/L), la réponse de l’automate est à 0. Pour les échantillons les plus concentrés (50, 75, 100, 250, 500, 1000, 1500 et 2000μg/L), les réponses moyennes (n=5) sont respectivement de 0,9 ; 2,0 ; 2,3 ; 6,9 ; 11,3 ; 17,3 ; 25,3 et 29,9μg/L. La recherche de buprénorphine urinaire de la patiente a été réalisée 6jours différents sur une période de 24jours. La réponse moyenne [min–max] est de 5,8 [4,8–6,6] μg/L.
Conclusion |
L’hydroxychloroquine est une molécule faiblement éliminée par le rein. Seul 13 % de la dose initiale est excrété dans les urines de 24h sous forme d’hydroxychloroquine (8 %) et de métabolites. Les concentrations urinaires d’hydroxychloroquine sont peu décrites dans la littérature scientifique. Les concentrations sanguines chez les patients traités sont voisines de 1mg/L. Dans les expériences effectuées, la recherche de buprénorphine est négative (réponse inférieure à 5μg/L) pour des concentrations urinaires d’hydroxychloroquine inférieures ou égales à 100μg/L. Pour des concentrations supérieures à 250μg/L, la recherche urinaire en buprénorphine donne un résultat supérieur au seuil de positivité. Ce travail n’ayant été réalisé que sur l’hydroxychloroquine, l’impact des métabolites sur cette analyse n’a pas été évalué. Cependant, une telle évaluation serait compliquée par le fait que la proportion des différents métabolites est variable dans l’urine.
La patiente était traitée par 200mg d’hydroxychloroquine toutes les 12heures pour un LED. Les résultats des recherches urinaires de buprénorphine ont conduit à des résultats faussement positifs pour 5 des 6 analyses. En effet, une analyse par chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse en tandem de ces urines préalablement hydrolysées par β-glucuronidase a révélé l’absence de buprénorphine et de norbuprénorphine aux seuils respectifs de 5 et 10μg/L. Du point de vue des structures chimiques, il n’y a pas de parenté structurale évidente entre la buprénorphine et l’hydroxychloroquine. L’interférence de l’hydroxychloroquine sur ce test n’est pas décrite dans la fiche technique du fournisseur, qui mentionne cependant une interférence de la quinine, molécule ayant en commun un noyau quinoléine avec l’hydroxychloroquine. Une interférence négative de l’hydroxychloroquine sur la recherche de buprénorphine sur Cobas 8000 est décrite avec les réactifs EIA®, Lin-Zhi international [1]. L’interférence de l’hydroxychloroquine sur le test Thermo Scientific® a été décrite par Melanson et al. [2]. Cette interférence a été déterminée à partir de concentrations croissantes d’hydroxychloroquine diluées dans l’eau à un seuil de 12500μg/L (valeur estimée à partir de la réactivité croisée) alors que nous montrons la même interférence dans l’urine dès 250μg/L.
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Vol 33 - N° 3S
P. S54 - septembre 2021 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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