Faisabilité de l’espacement progressif des anti-TNF chez les patients atteints de spondyloarthrite axiale en faible activité de maladie : résultats de l’essai contrôlé randomisé prospectif de non-infériorité multicentrique SPACING - 27/11/21
, A. Tournadre 2, D. Wendling 3, H. Marotte 4, C. Roux 5, T. Lequerré 6, E. Nogué 7, E. Dernis 8, P. Goupille 9, B. Combe 10, J. Morel 10, M.C. Picot 11Résumé |
Introduction |
Les traitements anti-TNF (aTNF) ont démontré une grande efficacité dans la spondyloarthrite axiale (ax-SpA) en réponse inadéquate aux anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). Cependant, leur effet reste principalement symptomatique, et leur tolérance à long terme, ainsi que leur coût sociétal important, justifient l’évaluation de la faisabilité d’une réduction de posologie du traitement, ou – ce qui est plus faisable et confortable pour le patient – d’une augmentation des intervalles entre les injections.
Patients et méthodes |
Essai contrôlé randomisé de non-infériorité, ayant inclus des patients adultes avec ax-SpA répondant aux critères ASAS, déjà traités par aTNF et en activité faible de la maladie depuis au moins 6 mois (m) (BASDAI actuel et depuis au moins 6m<4/10), randomisés en 2 groupes : maintien de leur traitement habituel avec des doses stables (groupe « inchangé »), ou espacement progressif des injections de leur traitement (groupe « espacement »). Un suivi a été effectué tous les 3m pendant 12m avec, chez les patients du groupe « espacement », une modification du rythme des injections en fonction de l’activité de la maladie selon un protocole standardisé préétabli (soit augmentation, soit rapprochement (en cas de reprise d’activité)) des intervalles entre les injections. Le critère de jugement principal (CJP) était la proportion de patients ayant un état d’activité faible de la maladie (BASDAI<4/10) après 12m de suivi. Celle-ci a été estimée sur la population ITT après imputation multiple et confirmée sur la population per protocole (PP). L’intervalle de confiance à 90 % associé a été calculé selon la méthode de Farrington-Manning (ICFM) et la borne inférieure a été comparée à la marge de non-infériorité de -20 %. Avec une proportion attendue de 85 % de patients restant en faible activité de la maladie dans le groupe inchangé, un risque α à 5 %, une puissance à 90 % et 10 % de données inexploitables, le nombre de patients requis a été estimé à 398.
Résultats |
Un total de 398 patients ont été randomisés dans 23 services de rhumatologie français (respectivement 197 et 201 dans les groupes espacement et inchangé), 389 (373 suivi complet et 16 imputés) ont été analysés dans la population en ITT (9 sans aucun suivi) et 322 dans la population PP. L’âge moyen était de 44±12 ans, 71,2 % étaient des hommes. Le BASDAI moyen à l’inclusion était de 1,45±1,02. Les aTNF utilisés étaient l’étanercept (35,7 %), l’adalimumab (33,9 %), l’infliximab (20,6 %), le golimumab (9,3 %) et le certolizumab (0,5 %). Parmi les 373 patients avec suivi complet, 88,0 % des sujets (162/184) du groupe « espacement » avaient une faible activité de la maladie à 12m vs. 91,5 % (173/189 %) dans le groupe « inchangé ». Après imputation multiple, la différence de proportions entre les deux groupes a été estimée à −4,2 % [ICFM : −10,0 ; 1,7], validant ainsi la non-infériorité de la procédure d’espacement. Ce résultat est confirmé par une différence de proportion de −1,86 % [ICFM : −8,3 ; 4,6] dans la population PP. Dans le groupe « espacement », 134/162 patients (82,7 %) en faible activité de la maladie à 12m recevaient encore une dose réduite d’aTNF.
Conclusion |
Chez les patients avec BASDAI<4 depuis au moins 6 mois sous aTNF, il est possible, en ajustant le traitement en fonction du suivi trimestriel de l’activité de la SpA, d’augmenter les intervalles entre les injections tout en maintenant un faible niveau d’activité de la maladie.
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Vol 88 - N° S1
P. A12-A13 - décembre 2021 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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