Facteurs prédictifs d’efficacité des injections intra-articulaires de plasma riche en plaquettes (PRP) dans la gonarthrose symptomatique : étude prospective bicentrique sur 259 patients - 27/11/21
, N. Oubaya 2, C. Delpech 1, X. Chevalier 3, F. Berenbaum 4, K. Louati 5, F. Eymard 6Résumé |
Introduction |
Les injections intra-articulaires (IA) de plasma riche en plaquettes (PRP) donnent des résultats prometteurs dans les essais mais leur hétérogénéité méthodologique et la sélection des patients inclus, dont les caractéristiques cliniques et radiologiques sont souvent éloignées de celles des patients suivis en pratique courante rendent difficile leurs extrapolations pour une utilisation en « vraie vie ».
L’objectif de notre étude était d’identifier les facteurs démographiques, anthropométriques, cliniques et radiologiques prédictifs de la réponse aux injections IA de PRP dans une cohorte de soins courants afin de mieux définir la population susceptible de bénéficier de ce traitement.
Patients et méthodes |
Nous avons effectué une étude observationnelle de cohorte incluant des patients avec gonarthrose symptomatique adressés pour injection de PRP dans les services de rhumatologie des CHU Henri Mondor et Saint Antoine. Le critère de jugement principal était l’évolution du score WOMAC douleur à 6 semaines post infiltration (S6). Des analyses par régression linéaire et logistique univariées puis multivariées ont été réalisées afin d’étudier l’impact des caractéristiques socio-démographiques et cliniques du patient, de la localisation radiologique de l’arthrose et de sa sévérité structurale sur la variation du score WOMAC douleur à S6.
Résultats |
259 patients ayant reçu une injection IA de PRP pour gonarthrose symptomatique ont été inclus. L’âge moyen des patients était de 63,2 ans et 71,8 % étaient des femmes. 27,6 % des patients avaient un IMC entre 25 et 30kg/m2 et 38,4 % un IMC>30kg/m2. 41,6 % des patients avaient une arthrose de stade 3 de Kellgren et Lawrence (KL) et 35,8 % de stade 4. Une arthrose fémoro-patellaire était notée chez 75,5 % des sujets. La douleur moyenne avant infiltration était de 10,0/20 selon l’échelle WOMAC douleur. L’injection intra-articulaire de PRP a permis une diminution du WOMAC douleur à S6 de 20 % en moyenne. En analyse multivariée, l’obésité (IMC>30kg/m2) et l’existence d’une arthrose radiographique fémoro-patellaire étaient associées à une moins bonne réponse selon le WOMAC douleur. A l’inverse, l’intensité de la douleur initiale et la prédominance de la douleur dans le compartiment antérieur plutôt qu’au niveau du compartiment médial ou latéral était associée à une meilleure réponse. La sévérité radiographique de l’arthrose selon le score de KL n’était pas associée à la réponse symptomatique. La sévérité radiographique de l’arthrose selon le score de KL n’était pas associée à la réponse symptomatique.
Conclusion |
À notre connaissance, notre étude est la première à s’intéresser spécifiquement aux facteurs prédictifs de réponse au PRP. Elle a permis de montrer que l’intensité et la localisation antérieure de la douleur étaient prédictifs d’une évolution favorable, tandis que l’obésité et l’existence d’une arthrose fémoro-patellaire radiographique étaient corrélées à une moins bonne réponse thérapeutique. Ces facteurs semblent assez similaires à ceux identifiés pour les injections d’acide hyaluronique dans la gonarthrose.
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Vol 88 - N° S1
P. A73-A74 - décembre 2021 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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