Poids, composition corporelle et risque d’infection par le SARS-CoV-2 au sein d’une large population - 08/03/22
, B. Srour 1, L. Bourhis 1, X. De Lamballerie 2, F. Carrat 3, M. Touvier 1et
groupe de travail SAPRIS-SERO
Résumé |
Introduction et but de l’étude |
L’obésité a été identifiée comme un facteur de risque important pour les formes graves de COVID-19 et pourrait également être associée à un plus grand risque d’infection par le SARS-CoV-2 mais ces résultats restent à clarifier. Notre étude visait donc à étudier les associations entre différentes caractéristiques anthropométriques (au-delà de l’IMC) et le risque d’infection par le SARS-CoV-2 au sein d’une large population.
Matériel et méthodes |
Notre étude porte sur la cohorte NutriNet-Santé. La séroprévalence d’anticorps anti-SARS-CoV-2 a été évaluée à partir de tests ELISA (ciblant la protéine spike « S » ou la nucléoprotéine « NP ») et d’un test de séroneutralisation « SN » sur des gouttes de sang séchées. Les associations entre différentes caractéristiques anthropométriques et la séroprévalence de l’infection par le SARS-CoV-2 ont été étudiées à l’aide de modèles de régression logistiques multiajustés.
Résultats et analyse statistique |
21 376 adultes (74,8 % femmes) ont été inclus dans les analyses parmi lesquels 1027 étaient positifs pour le test ELISA-S et 256 pour les 3 tests ELISA-S, NP et SN. Un IMC plus élevé était positivement associé à la séroprévalence chez les femmes même si cette association était incertaine : tendance linéaire positive (OR pour 1 écart-type=1,07 (1,00–1,15), p=0,07), significative avec les résultats combinés des 3 tests ELISA-S-NP/SN (OR=1,17 (1,03–1,33), p=0,02) mais pas d’association avec les catégories « standards » d’IMC. Aucune association n’était observée chez les hommes. Le tour de taille (OR=1,11 (1,00–1,23), p=0,04) et le rapport tour de taille/tour de hanche (OR=1,17 (1,04–1,31), p=0,01) étaient associés à la séroprévalence chez les femmes alors que des tendances inverses étaient observées chez les hommes (OR=0,80 (0,63–1,02), p=0,07 et OR=0,75 (0,58–0,96), p=0,02 respectivement). La graisse corporelle totale (OR=1,18 (1,02–1,36), p=0,03), la graisse au niveau du tronc (OR=1,16 (1,03–1,32), p=0,02) et la graisse viscérale (OR=1,20 (1,00–1,43), p=0,045) était associées à la séroprévalence, en particulier chez les femmes. Aucune association n’était observée pour la masse maigre (p=0,39) ou la masse musculaire (p=0,38). Les résultats combinant la positivité ou négativité aux 3 tests ELISA-S/NP et SN étaient globalement similaires, malgré une perte de significativité induite par un nombre de cas plus restreint.
Conclusion |
Nos résultats suggèrent que l’adiposité centrale est un facteur de risque important à considérer pour évaluer la susceptibilité à l’infection par le SARS-CoV-2, en particulier chez les femmes, d’autant plus qu’une fois infectées par le SARS-CoV-2, le risque de formes graves de COVID-19 est accru chez les personnes en surpoids ou obèses.
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Vol 36 - N° 1S
P. S18 - février 2022 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
