Cancer différencié de la thyroïde réfractaire à l’iode 131. Expérience du service de médecine nucléaire du CHU Hassan II à Fès - 12/03/22
, S. Chkikar, S. El Mselmi, F. Fokoue, N. Ismaili AlaouiRésumé |
Introduction |
Le cancer différencié de la thyroïde (CDT) réfractaire à l’iode 131 est une maladie rare, de mauvais pronostic, dont la prise en charge reste multidisciplinaire.
Matériels et méthodes |
Dans cette étude rétrospective, nous avons analysé les paramètres de 41 patients atteints de CDT réfractaire à l’iode colligés entre 2013 et 2021.
Résultats |
L’âge moyen est de 56 ans (24–91), avec une prédominance féminine (33F/8H). 22 patients ont bénéficié initialement d’une thyroïdectomie totale uniquement, tandis qu’une totalisation associée à un curage ganglionnaire a été réalisée chez 19 cas. Type histologique : papillaire (31 cas), folliculaire (3 cas), papillaire à variante vésiculaire (3 cas), variante oncocytaire (2 cas), variante solide (2 cas). Stade tumoral : La taille de la tumeur varie entre T1 et T4 dont 20 cas sont classés T3, d’emblée N1 chez 15 cas, M1 chez 7 cas. Une effraction capsulaire est mentionnée chez 23 cas et la présence d’emboles vasculaires chez 14 cas. Tous les patients ont reçu une irathérapie à forte dose (3,7 GBq) avec un nombre total variant d’une cure à six : 22 cas ont bénéficié uniquement de 2 cures. Le diagnostic de CDT réfractaire a été porté au bout de 4 ans de suivi en moyenne, chez 32 cas devant une carte blanche isotopique avec une Tg positive et chez 8 cas devant la persistance de l’hyperfixation sur la scintigraphique ainsi qu’un cas de miliaire isotopique. 18 patients avaient initialement un taux de Tg augmenté (>100) et un taux d’ATg positif chez 4 cas. La CAT adoptée chez tous les patients était d’arrêter l’irathérapie, maintenir une TSHus freinée (<0,1) avec une surveillance clinico-biologique et radiologique. Une TEP au 18F-FDG réalisée chez 6 cas a décelé des foyers métaboliques chez 4 cas. Une TDM CTAP faite chez 32 cas : 10 ont objectivé des résidus thyroïdiens et des métastases loco-régionales alors que 19 ont montré des métastases à distance. L’évolution est marquée par une stabilité chez 19 cas, une progression chez 19, un décès chez une seule patiente. 7 patients ont reçu une thérapie ciblée en oncologie pour avoir réascensionné leur taux de Tg alors qu’une patiente a bénéficié d’une radiothérapie externe pour métastase osseuse. Recul moyen de 6 ans.
Conclusion |
Les ressources thérapeutiques contre la maladie réfractaire sont limitées et l’attitude recommandée repose sur la surveillance. Un traitement sera proposé lorsqu’apparaissent une progression tumorale et/ou une lésion à risque de complication.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Cancer différencié de la thyroïde, 131I, Irathérapie
Plan
Vol 46 - N° 2
P. 68 - mars 2022 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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