Pyobalanoposthite végétante : une forme particulière de pyoderma gangrenosum génital ? - 01/12/22
Résumé |
Introduction |
Les lésions ulcérées et végétantes du pénis sont principalement secondaires à des maladies infectieuses ou tumorales.
Nous décrivons un cas de pyobalanoposthite végétante, que nous rapprochons des cas de pyostomatites végétantes décrites au niveau de la muqueuse buccale.
Observations |
Un patient de 35 ans consultait en décembre 2021 pour l’apparition d’un nodule induré de 15×11mm du sillon balanopréputial, secondairement ulcéré avec de nombreuses pustules en périphérie et un aspect des lésions en trace d’escargot. Il n’y avait pas de rapport sexuel à risque, pas de syndrome infectieux et pas de contexte traumatique. La NFS et la CRP étaient normales. Les sérologies VIH1+2, Ac anti-tréponèmes, les PCR syphilis et herpès étaient négatifs. Dans l’hypothèse d’une lésion tumorale, une première biopsie ne trouvait qu’une inflammation non spécifique. Dans les suites, l’ulcération a augmenté de taille avec présence d’une bordure infiltrée et de nombreuses pustules en bordure. Les cultures virales, bactériologiques, mycologiques, mycobactériologiques et parasitaires de biopsies cutanées restaient stériles. Un traitement d’épreuve par ciprofloxacine 750mg×2/j associé à du valaciclovir 1g×3/j pour 5 jours était sans efficacité. Le bilan auto-immun était négatif. Une nouvelle biopsie en fuseau mettait en évidence de nombreux polynucléaires éosinophiles et neutrophiles dermiques sans granulome ni vascularite. Le cytodiagnostic de Tzanck ne montrait pas d’effet cytopathogène ou d’acantholyse.
Une corticothérapie générale 1mg/kg a été suivie d’une régression quasi complète des lésions en 1 mois. Le diagnostic de pyoderma gangrenosum (PG) génital dans une forme atypique proche d’une pyostomatite végétante a été retenu. Les explorations digestives (calprotectine fécale et coloscopie avec biopsies), ne retrouvaient pas d’argument pour une MICI.
Discussion |
Cette présentation clinique comportant une lésion ulcérée et des pustules avec un aspect en « traces d’escargot », la présence de nombreux polynucléaires neutrophiles mais aussi d’éosinophiles était similaire à ce qui est décrit dans des pyostomatites végétantes, dermatoses neutrophiliques « PG-like » le plus souvent associées à des MICI.
Nous rapportons un cas de « pyobalanoposthite végétante » isolée, qui est une entité proche du pyoderma gangrenosum, atteignant le gland et le prépuce mais présentant des atypies cliniques et histologiques notamment. En cas de négativité du bilan infectieux qui doit être le plus exhaustif possible, la présence d’éosinophiles à la biopsie ne doit pas mettre en cause le diagnostic et un traitement par corticothérapie générale ou locale débuté rapidement. Une MICI ainsi qu’une maladie rhumatismale ou une tumeur doivent être systématiquement cherchées.
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Vol 2 - N° 8S1
P. A244-A245 - novembre 2022 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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