Recherche d’auto-anticorps antiphospholipides à la survenue d’un évènement obstétrical classant pour le syndrome des antiphospholipides - 07/12/22

Résumé |
Introduction |
Le syndrome des antiphospholipides (SAPL) obstétrical est défini par la survenue d’un évènement obstétrical tardif (mort fœtale in utero, éclampsie, retard de croissance intra-utérin par insuffisance placentaire) ou précoce (3 fausses couches consécutives avant la 10e semaine d’aménorrhée) associée à la présence durable d’auto-anticorps antiphospholipides (aPL). Bien que le diagnostic de SAPL obstétrical puisse modifier la prise en charge des grossesses futures, la recherche d’aPL lors de la survenue d’un évènement obstétrical de ce type n’est pas systématique. Notre travail avait pour objectif de déterminer à quelle fréquence, en vie réelle, la recherche d’aPL était réalisée en cas d’évènement obstétrical tardif potentiellement classant pour un SAPL.
Patients et méthodes |
Nous avons rétrospectivement identifié les patientes suivies dans le service d’obstétrique de notre hôpital ayant accouché entre 2019 et 2021 et ayant présenté un évènement obstétrical tardif potentiellement classant pour un SAPL : une mort fœtale in utero (MFIU) après la 10e semaine d’aménorrhée, une éclampsie ou un retard de croissance intra-utérin (RCIU) sévère définie par un poids gestationnel<5e percentile. L’ensemble des sérologies aPL (anti-β2GPI IgG/IgM, anticardiolipine IgG/IgM et anticoagulant lupique circulant [ACC]) réalisées au moment de l’événement obstétrical ont été recueillies. Les patientes ayant, au moment de l’événement obstétrical, un SAPL déjà connu ont été exclues.
Résultats |
Au total, 322 patientes ayant accouché entre 2019 et 2021 ont été identifiées. Trois patientes ayant un SAPL connu ont été exclues. Parmi les 319 patientes (âge médian 32 [27 ; 36] ans) analysées, les évènements obstétricaux tardifs potentiellement classant pour un SAPL comptaient 209 RCIU (65,5 %), 129 éclampsies (40,3 %) et 30 MFIU (9,4 %). Au total, 171 patientes (53,6 %) étaient multipares et avaient présenté lors qu’une précédente grossesse, un RCIU, une éclampsie ou une MFIU dans respectivement 43 (13,5 %), 19 (6 %) et 14 (4,3 %) cas. Une maladie auto-immune (MAI) – lupus systémique ou thyroïdite dans 2/3 des cas – était connue chez 18 patientes (5,6 %). Un événement thrombotique antérieur à la grossesse était renseigné chez 9 patientes (2,8 %).
Au moment de l’évènement obstétrical tardif potentiellement classant, la recherche d’aPL était réalisée dans 20,4 % (n=65/319) des cas. Le screening portait sur 3, 2 ou 1 seul aPL dans respectivement 63,1 % (n=41/65), 27,7 % (n=18/65) et 9,2 % (n=6/65) des cas. La recherche d’aPL était positive chez 13,8 % (n=9/65) des patientes testées : 6 patientes étaient « simple positive » (ACC dans 5 cas, anticardiolipine dans 1 cas), 3 patientes étaient « double positive » (ACC+anticardiolipine), aucune n’était « triple positive ». Chez ces 9 patientes, l’événement obstétrical était un RCIU, une éclampsie et 1 MFIU dans 4, 3 et 2 cas, respectivement. Un prélèvement à distance était réalisé chez 5 patientes et confirmait la positivité des aPL dans 3 cas.
La recherche d’aPL au moment d’un évènement obstétrical tardif potentiellement classant était plus fréquemment réalisée chez les patientes ayant un antécédent d’éclampsie (OR : 3,1, p=0,015), une MAI connue (OR : 5,6, p<0,001), une insuffisance rénale chronique (OR : 8,51 p<0,002) et que l’événement obstétrical était une MFIU (OR : 95,3, p<0,001).
Conclusion |
La recherche d’aPL en cas d’évènement obstétrical tardif potentiellement classant est rarement réalisée quoiqu’un tel événement puisse révéler un SAPL dans plus de 10 % des cas.
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Vol 43 - N° S2
P. A357-A358 - décembre 2022 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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