Analyse exploratoire des profils à haut risque dans le syndrome primaire des antiphospholipides par l’analyse de clusters : étude de cohorte multicentrique française - 07/12/22
, L. Ricard 2, C. Laurent 3, C. De Moreuil 4, G. Urbansky 5, S. Deriaz 6, G. Gerotziafas 7, I. Elalamy 8, A.V. Alexandra 9, F. Chasset 10, S. Alamowitch 11, J. Sellam 12, J.J. Boffa 13, A. Cohen 14, N. Abisror 2, F. Maillot 15, O. Fain 2, A. Mekinian 2Résumé |
Introduction |
Le syndrome des antiphospholipides (SAPL), est une maladie auto-immune définie par la survenue d’une thrombose (artérielle ou veineuse) ou d’un événement obstétrique associé à la présence d’anticorps persistants définis selon les critères de la classification de Sydney. Plusieurs études ont déjà mené des analyses de cluster sur les patients atteints de SAPL, mais aucune ne s’est concentrée uniquement sur le SAPL primaire. Nous avons voulu réaliser une analyse de cluster sur ces patients atteints de SAPL primaire, et étudier leur valeur pronostique.
Matériels et méthodes |
Dans cette étude de cohorte française rétrospective multicentrique, nous avons inclus tous les patients présentant des anticorps de SAPL persistants selon les critères de Sydney, dosés entre janvier 2012 et janvier 2019. Nous avons exclu tous les patients atteints de lupus érythémateux systémique ou d’autres maladies auto-immunes systémiques. Nous avons effectué une analyse de cluster hiérarchique avec les caractéristiques de base des patients pour générer des clusters.
Résultats |
Nous avons identifié quatre clusters.
Le premier cluster, « biologie antiphospholipide (aPL) asymptomatique » était composé de 101 patients, principalement des femmes (n=63, 62,4 %) ; l’âge médian était de 54 ans (IQR : 41–62 ans). Presque tous les patients étaient des porteurs d’aPL asymptomatiques (n=100, 99,0 % ; p<0,001 par rapport aux autres groupes) et ne présentaient aucun critère clinique de la classification de Sydney.
Le cluster 2, « phénotype thrombotique masculin », était le seul à être composé principalement d’hommes (n=36, 53,7 % ; p<0,001), et avait l’âge médian le plus élevé : 58,0 ans (IQR 43,5-70,0 ans ; p<0,023). Tous les patients avaient un phénotype thrombotique (n=67, 100 % ; p<0,001) et aucun événement obstétrical (p<0,001).
Le cluster 3, « phénotype obstétrical féminin », était composé exclusivement de femmes (n=58, 100 %), avec un âge médian de 48 ans (IQR : 36–62 ans). Parmi elles, 47 (94,0 %) avaient un phénotype obstétrical, avec des événements indésirables obstétricaux, principalement composés de fausses couches spontanées à répétition inexpliquées avant la 10e semaine de gestation (n=13, 39,4 %) et de morts fœtales inexpliquées survenant à partir de la 10e semaine de gestation (n=8, 25,8 %).
Le cluster 4, « profil à haut risque » était le plus jeune, avec un âge médian de 41,0 ans (IQR : 33,5–54,5 ans), et comprenait principalement des femmes (n=22, 81,5 %). La triple positivité était fortement représentée dans ce groupe (n=23, 85,2 % ; p<0,001), tout comme la présence d’anticorps antinucléaires (n=20, 80,0 % ; p<0,001) et les anticorps anti-acide désoxyribonucléique double brin (anti-ADNdb) (n=9, 32,0 % ; p<0,001). Les patients de ce groupe présentaient également les taux d’aPL et le nombre de triple positifs les plus élevés (85,2 % contre 10,2 %, 11,1 % et 12,5 %, respectivement), ainsi que la présence plus fréquente de manifestations cliniques non criteria (n=18, 66,7 % ; p<0,001). Ce cluster présentait le taux de rechute le plus élevé (n=17, 63,0 % ; p<0,001), et avait plus souvent recours à des corticoïdes ou de l’hydroxychloroquine que les autres groupes.
Concernant les analyses de survie, les porteurs d’aPL asymptomatiques ont rechuté moins fréquemment que les autres, mais aucune autre différence en termes de taux de rechute ou de décès n’a été constatée entre les clusters.
Conclusion |
Nous avons identifié quatre clusters dans notre cohorte de SAPL primaire, dont un « profil à haut risque ». Il serait intéressant de valider la pertinence de ces clusters par un suivi prospectif.
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Vol 43 - N° S2
P. A357 - décembre 2022 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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