Administration sous-cutanée des insulines : évaluation des pratiques dans un centre spécialisé en santé mentale - 15/12/22
Résumé |
Contexte |
L’administration sous-cutanée (SC) des insulines par les infirmiers diplômés d’État (IDE) répond à des bonnes pratiques (BP). Leur non-respect expose à des risques de complications telles que l’inefficacité de l’insuline liée à une mauvaise conservation, les lipodystrophies dues à l’injection répétée dans un même site ou encore les hypo- et/ou hyperglycémies.
Objectifs |
L’objectif est d’évaluer la conformité de l’administration SC des insulines par les IDE aux BP.
Patients et méthodes |
Un audit de l’administration d’insuline SC par les IDE est réalisé dans un service de géronto-psychiatrie (a) et un questionnaire en ligne est auto-renseigné dans toutes les unités de soins (b).
Résultats |
Les IDE audités sont au nombre de 10 et 15 ont répondu à l’autoquestionnaire. Si l’étiquetage du stylo comporte toujours le nom du patient, la date d’ouverture y est mentionnée dans la moitié des cas (a : 0 %, b : 80 %). L’homogénéisation du stylo est effectuée systématiquement dans 40 % des cas (a : 30 %, b : 47%), et seulement s’il s’agit d’une insuline mixte dans 28 % des cas (a : 20 %, b : 33 %). La purge du stylo avant chaque injection est réalisée dans 20 % des cas (a : 10 %, b : 27 %), jamais pour 56 % des soignants, et uniquement à l’ouverture du stylo pour 24 % d’entre eux. Le cas échéant, elle est faite vers le bas dans 79 % des cas. Avant l’injection, la recherche des lipodystrophies est rarement réalisée (a : 0 %, b : 13 %). La rotation des sites est effectuée de manière systématique dans 88 % des cas (a : 80 %, b : 94 %). Au sein d’un même site, 52 % respectent la rotation systématique de l’injection (a : 10 %, b : 80 %). La moitié (a : 60 %, b : 47 %) des IDE réalise toujours un pli cutané, 28% (a : 20 %, b : 33 %) uniquement sur les patients maigres. Concernant l’injection, l’aiguille est laissée environ 10 secondes en SC dans 48 % des cas (a : 50 %, b : 47 %) et retirée moins de 5 secondes après l’injection dans 40 % des cas.
Discussion/Conclusion |
Bien que chaque stylo soit nominatif, l’absence d’étiquetage conforme du stylo ne garantit pas sa bonne conservation. Moins d’un tiers des IDE réalise l’homogénéisation de l’insuline à bon escient. La purge étant souvent non ou mal réalisée avant chaque injection, la dose peut être sous-estimée (présence de bulle d’air) ou surestimée (résidu d’unités d’insuline). Le geste est rarement précédé d’un dépistage des lipodystrophies, l’injection dans ces zones étant contre-indiquée (résorption imprévisible). Leur apparition est liée au non-respect du schéma de rotation inter- et intrasite. Le pli cutané reste peu pratiqué. Notamment chez les patients maigres, il évite l’administration intramusculaire d’insuline, et ainsi la survenue d’hypoglycémies. L’injection est dans la plupart des cas trop brève, induisant une perte de produit. L’audit des pratiques et le questionnaire mettent en évidence des non-conformités aux recommandations. Une formation des IDE sur l’administration des insulines SC sera mise en place pour assurer le bon contrôle glycémique des patients.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Insulin (administration), Lipodystrophy, Glycemic control
Plan
Vol 57 - N° 4
P. e31-e32 - décembre 2022 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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