Mesure quantitative de la synovite par échographie : une étude pilote - 18/12/22
Résumé |
Introduction |
La synovite dans la polyarthrite (PR) conduisant à l’apparition de dommages structuraux se caractérise par la présence d’une hypervascularisation qui peut être mise en évidence en échographie par le doppler puissance. Actuellement, il est d’usage de quantifier la synovite en échographie par des scores semi-quantitatifs allant de 0 à 3. L’objectif de cette étude était de déterminer la reproductibilité inter- et intra-observateur d’une approche de mesure quantitative par échographie de la synovite en mode B et par doppler puissance chez des patients atteints de polyarthrite rhumatoïde (PR).
Patients et méthodes |
Les articulations superficielles et profondes de patients répondant aux critères ACR/EULAR 2010 de la PR ont été analysées en échographie (MyLab9, Esaote) en mode B et doppler puissance. Toutes les mesures ont été effectuées indépendamment par deux échographistes (CF, PG). Le « Quantification Curves Environment (QPack, Esaote) » a été utilisé pour déterminer manuellement la surface de la synovite de chaque articulation comme région d’intérêt permettant au logiciel de déterminer la surface de la synovite (cm2) et le pourcentage de pixels colorés en Doppler puissance dans cette région. La fiabilité a été quantifiée par le coefficient de corrélation intraclasse (CCIC) intra- et inter-observateur. L’autorisation de conduire cette étude a été obtenue auprès la Direction de recherche clinique et de l’innovation du CHU Grenoble Alpes.
Résultats |
Soixante et une articulations de sept patients atteints de PR ont été analysées. Les 32 premières articulations présentant une synovite ont été évaluées quatre fois (deux fois par opérateur) afin de calculer la reproductibilité intra-opérateur. La durée de l’examen était d’environ 1 à 3minutes par articulation. La reproductibilité inter-opérateur était excellente pour la surface de la synovite en mode B (CCIC 0,98 [IC95 % : 0,97 ; 0,99]) et bonne pour la quantification du signal doppler (CCIC=0,77 [IC95 % : 0,65 ; 0,85]). La reproductibilité intra-opérateur était excellente pour la surface de la synovite en mode B (évaluateur 1 : 0,98 [IC95 % : 0,97 ; 0,99], évaluateur 2 : 0,96 [IC95 % : 0,92 ; 0,98]) et bonne (0,71 [IC95 % : 0,48 ; 0,84]) à excellente (0,94 [IC95 % : 0,90 ; 0,97]) pour la quantification du signal doppler.
Discussion |
La quantification précise de la synovite vascularisée ouvre la possibilité d’évaluer et de quantifier au cours du suivi du patient le niveau des flux vasculaires dans les mêmes zones cibles de façon plus précise qu’un score semi-quantitatif. Cette méthode de quantification pourrait renforcer la valeur prédictive de l’échographie et l’adhésion thérapeutique des patients en fournissant une démonstration chiffrée du niveau d’inflammation articulaire. Les progrès dans le domaine de l’intelligence artificielle et du traitement d’images laissent entrevoir la possibilité d’automatiser l’analyse des images pour favoriser l’implémentation en pratique clinique.
Conclusion |
La reproductibilité intra-observateur et inter-observateur de la quantification de la surface en mode B et du signal doppler de la synovite de la PR est bonne à excellente. De futures études sont nécessaires pour démontrer la valeur ajoutée de cette méthode de quantification.
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Vol 89 - N° S1
P. A42-A43 - décembre 2022 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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