Facteurs prédictifs de l’évolution de la densité minérale osseuse à moyen et long terme dans une cohorte de patientes anorexiques - 18/12/22
, I. Legroux 2, J. Paccou 3, J. Vignau 4, B. Cortet 5Résumé |
Introduction |
L’anorexie mentale est un trouble du comportement alimentaire d’étiologie pluri-factorielle et aux conséquences graves. Le retentissement osseux est précoce, dès le début de la maladie, et nécessite un dépistage et une prise en charge adaptée. L’objectif était d’évaluer l’impact de l’anorexie mentale sur le métabolisme osseux, en étudiant la prévalence de l’ostéoporose dans une cohorte de patiente anorexique à l’inclusion et son évolution à moyen et long terme. Nous avons également analysé les facteurs de risques influençant la perte osseuse.
Patients et méthodes |
Étude observationnelle, prospective, descriptive et monocentrique dans une cohorte de patiente anorexique, de septembre 2013 à décembre 2016 au CHU de Lille. Trois étapes ont été définies : V0 (inclusion), V1 (milieu du suivi, soit à 1 ou 2 ans après l’inclusion), V2 (fin du suivi, soit à 5 ou 6 ans). Évaluation à chaque étape incluant une densitométrie osseuse, une évaluation biologique et une consultation de rhumatologie.
Résultats |
Cent quatre-vingt-quatre patientes ont été incluses dans l’étude. Cent quatre-vingt-quatre, 91 et 55 patientes ont été évaluées respectivement à V0, V1 et V2. Parmi ces patientes, 49 ont eu une évaluation à V0 et V1, 13 ont eu une évaluation à V0 et V2, 80 patientes ont réalisé uniquement la 1re évaluation. Seul 42 patientes (22,8 %) ont réalisé les 3 évaluations.
L’âge moyen à l’inclusion était de 23 ans, avec une maladie évoluant depuis en moyenne 5 ans. On retrouvait une aménorrhée chez 72,3 % des patientes, avec une durée moyenne d’aménorrhée de 3 ans. L’IMC moyen est de 16,8kg/m2.
La durée moyenne entre V0 et V1 était de 19,2 mois et entre V0 et V2 était de 72,4 mois.
La prévalence de l’ostéoporose en termes densitométrique était de 38 %, 41,8 % et de 40 %, respectivement V0, V1 et V2, avec une atteinte prédominante pour le col fémoral.
Pour toutes les patientes, la densité minérale osseuse (DMO) diminuait de manière significative à la hanche totale (−0,009±0,008g/cm2, soit de −1,05 %, p<0,0001) et au corps entier (−0,049±0,007g/cm2, soit de −4,44 %, p<0,0001), tandis qu’elle augmentait de façon significative au rachis lombaire (0,043±0,010g/cm2, soit +4,92 %) sur l’ensemble du suivi. Dans l’analyse concernant les patientes ayant réalisées les 3 visites, nous avons retrouvé des résultats similaires. La DMO diminuait de manière significative la hanche totale (0,015±0,01g/cm2, soit de −1,9 %, p=0,011) et au corps entier (−0,044±0,008g/cm2, soit de −4,03 %), tandis qu’elle augmentait au rachis lombaire (0,035±0,011g/cm2, soit +4,29 %, p=0,014). Les résultats au col fémoral étaient non significatifs dans la cohorte globale et dans la sous-analyse.
La baisse de la DMO à la hanche était associée de façon significative à la durée d’aménorrhée (p=0,03), à la masse maigre appendiculaire (p=0,001), le taux de crosslaps sériques (p=0,02) et le taux de phosphatase alcaline osseuse (p=0,02). Au corps entier, on retrouvait une association significative entre la DMO, l’IMC (p=0,007) et la masse maigre appendiculaire (p=0,002).
Conclusion |
Nos données densitométriques confirment une baisse de la DMO à la hanche totale et au corps entier au cours de l’anorexie mentale, avec un suivi prolongé dans notre étude, témoignant du concept de fragilité osseuse chez les patientes anorexiques.
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Vol 89 - N° S1
P. A64 - décembre 2022 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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