La scintigraphie osseuse au 99mTc-HMDP : association lésions pagétiques et métastatiques osseuses sur terrain de cancer de la prostate : à propos de 3 cas - 04/03/23
Résumé |
Introduction |
Le cancer de la prostate est le deuxième cancer le plus fréquemment diagnostiqué et la sixième cause de décès par cancer chez les hommes dans le monde. L’os est le troisième site le plus fréquent de la maladie métastatique, après le foie et les poumons. La scintigraphie osseuse, dans notre contexte reste la technique de diagnostic la plus largement utilisée, la plus pratique et la plus rentable pour évaluer le squelette entier à la recherche de métastases osseuses. La maladie de Paget osseuse est une ostéopathie dystrophique acquise, le plus souvent bénigne, localisée à une ou plusieurs pièces osseuses, caractérisée par un dérèglement focal du remodelage osseux, conduisant à une hypertrophie des os et à la construction d’une structure osseuse anormale et fragile. La scintigraphie osseuse au 99mTc permet de faire une cartographie de la répartition des lésions pagétiques. La maladie de Paget survient plus chez le sexe masculin, vers 60 ans (exceptionnellement avant 40 ans) et se traduit à la scintigraphie osseuse par des lésions hyperfixantes, à l’image de celles métastatiques. Ainsi, l’association des lésions pagétiques et métastatiques n’est pas exceptionnelle et le risque de confusion n’est pas nulle. Nous rapportons 3 cas d’association à la scintigraphie osseuse de lésions pagétiques et métastatiques sur terrain de cancer de la prostate.
Observations |
Il s’agissait de deux patients âgés de 74 ans et 73 ans porteurs d’un adénocarcinome prostatique, respectivement, de risque intermédiaire et élevé selon la classification de d’Amico. La scintigraphie osseuse a été prescrite dans le cadre du bilan d’extension. Elle a été indiquée chez un troisième patient âgé de 88 ans à la recherche étiologique d’une fracture pathologique pertrochantérienne droite. L’interrogatoire retrouvait des signes urinaires (pollakiurie, dysurie), l’échographie une hypertrophie prostatique (81cm3) hétérogène avec des contours irréguliers et un lobe médian. La biopsie n’était pas réalisée. La scintigraphie osseuse avait retrouvé dans le premier cas des hyperfixations d’allure métastatique de siège costal, ischio-pubienne droite et de la tête fémorale gauche, associées à des lésions d’allure pagétique au niveau des vertèbres D7 et L2. Dans le deuxième cas, elle montrait des lésions d’allure métastatique au niveau de la vertèbre L4 et du sacrum et des lésions pagétiques au niveau de l’hémi-bassin gauche. Dans le dernier cas, on notait des lésons pagétiques au niveau du fémur droit, étendues à la coxo-fémorale et au genou homolatéraux, de l’hémi-bassin droit, du sacrum, de la sacro-iliaque droite et de la vertèbre C5 avec tassement. On notait en plus une discrète hyperfixation sternale, suspecte de métastase en l’absence de traumatisme retrouvé.
Conclusion |
La scintigraphie osseuse de par sa sensibilité excellente demeure un outil essentiel pour le diagnostic précoce des lésions pagétiques et métastatiques osseuses. Cependant, en raison de sa spécificité moins importante et de la nature hyperfixante identique à ces 2 types de lésions, leur confusion n’est pas exceptionnelle car pouvant subvenir sur un même terrain.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Scintigraphie, 99mTc-DPD, Cancer de la prostate, Métastases osseuses, Rhumatologie
Plan
Vol 47 - N° 2
P. 99 - mars 2023 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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