Méthotrexate à haute dose (MTX-HD) et néphrotoxicité : suivi thérapeutique pharmacologique chez les patients suivis en service de toxicologie du CHU de Sétif, Algérie - 24/09/23
Résumé |
Objectif |
Le méthotrexate (MTX) est un antimétabolite utilisé en oncologie pour le traitement de certaines hémopathies malignes et des ostéosarcomes, en particulier à des doses élevées (supérieures à 1g/m2). Selon l’Association Internationale du Suivi Thérapeutique Pharmacologique et de la Toxicologie Clinique (IATDMCT), le suivi thérapeutique pharmacologique (STP) du MTX-HD est recommandé. Ce suivi vise à détecter un retard d’élimination, qui indique une accumulation de la substance et constitue un facteur de risque d’effets toxiques, notamment d’ordre rénal. L’objectif de cette étude est d’analyser le profil de la concentration sanguine de méthotrexate chez les patients pris en charge au service d’hématologie du CHU de Sétif [2, 1].
Méthode |
Il s’agit d’une étude rétrospective mono-centrique, qui a inclus tous les patients adultes âgés de plus de 15 ans traités pour une hémopathie maligne et recevant le MTX-HD lors de leur première cure. Les données ont été recueillies du 1er janvier 2016 au 30 avril 2023. Un retard d’élimination a été défini comme une concentration de MTX supérieure à 1μmol/L à 48heures et à 0,1μmol/L à 72heures [1].
Résultats |
Au total, 189 patients ont été inclus dans cette étude. Cependant, seuls 79 patients ont bénéficié d’un dosage de MTX à 48heures et 72heures, parmi lesquels 77,2% présentaient un retard d’élimination. La dose moyenne de MTX administrée était de 4,7g/m2±1,36g. L’âge moyen des patients était de 35 ans, et le sex-ratio était de 1,5. L’analyse de corrélation entre les facteurs de risque (dose administrée, sexe et âge) et l’occurrence d’un retard d’élimination n’a révélé aucune signification statistique (odds ratio à 95% de 1,07, p=0,4 pour la dose ; odds ratio de 0,45, p=0,6 pour le sexe; odds ratio de 1,06, p=0,15 pour l’âge).
Discussion |
Le STP de MTX, associé à des mesures d’hyperhydratation et à l’utilisation d’acide folinique en sauvetage, contribue à limiter l’incidence et/ou la gravité des manifestations toxiques lors des traitements à haute dose de MTX. Nos résultats indiquent que 77,2 % de nos patients présentent un retard d’élimination, ce qui peut aggraver la néphrotoxicité induite par le MTX et son métabolite. Ce retard peut être lié à des facteurs génétiques, à des caractéristiques physiopathologiques du patient (l’âge ou une néphropathie préexistante), ainsi qu’à des interactions médicamenteuses (AINS et Bétalactamines) et pharmacologiques (haute dose et durée de perfusion). Cependant, nos analyses n’ont pas révélé de corrélation statistiquement significative entre les facteurs de risque étudiés (dose, sexe et âge) et l’occurrence d’un retard d’élimination. Il convient également de souligner que parmi nos patients, 48 % étaient traités par une trithérapie (association avec l’asparaginase et la vincristine), dans le cas des polychimiothérapies, ces combinaisons peuvent parfois entraîner des accidents graves qui sont imprévisibles.
Conclusion |
Étant donné le risque de retard d’élimination dans la potentialisation des effets toxiques du MTX, le STP, incluant le sauvetage à l’acide folinique, reste indispensable pour améliorer la sécurité et l’efficacité du traitement par le MTX-HD.
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Vol 35 - N° 3S
P. S93-S94 - octobre 2023 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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