Ochronose exogène au Thiamidol® - 18/11/23
Résumé |
Introduction |
L’ochronose exogène (OE) se manifeste par une hyperpigmentation acquise, siégeant au niveau des zones photo-exposées, secondaire à l’application prolongée de certains topiques tels que l’hydroquinone, le phénol, le résorcinol. Elle est le plus souvent rapportée chez les sujets de phototype foncé.
Observations |
Une femme âgée de 48 ans, de phototype IV, sans antécédents pathologiques notables, s’est présentée pour une hyperpigmentation diffuse du visage évoluant depuis quelques mois. La patiente rapportait la notion d’application quotidienne d’un topique à base de Thiamidol® (isobutylamido thiazolyl résorcinol) depuis six mois. L’examen physique objectivait des plaques pigmentées, mal limitées, siégeant au niveau du front, des tempes, des paupières, de la lèvre blanche, du menton et en regard des branches montantes de la mandibule, parsemées de macules hypopigmentées en confettis et quelques papules en tête d’épingle, brun foncé de la zone périorbitaire. On notait également des plaques érythémateuses mal limitées et finement squameuses des joues et de la pointe du nez. La dermoscopie montrait un pseudo-réseau brun, des points, des globules et structures curvilignes bleu-gris, une oblitération des ouvertures folliculaires et des télangiectasies. Le reste de l’examen était sans anomalie. Devant les données cliniques et dermoscopiques, le diagnostic d’OE au Thiamidol® a été retenu.
Discussion |
L’OE se manifeste par des macules hyperpigmentées brun-gris ou bleu ardoisé souvent symétriques siégeant essentiellement en regard des proéminences osseuses de la face. Trois stades ont été identifiés. Le premier est caractérisé par un érythème et une discrète pigmentation, le deuxième par une hyperpigmentation et milium colloïde (des lésions caviar-like), et le dernier par des lésions papulonodulaires avec ou sans inflammation. Notre patiente avait une ochronose au stade 2. Les signes dermoscopiques rapportés dans la littérature étaient les globules et les structures arciformes brunes, noires ou bleu-gris, l’oblitération des ouvertures folliculaires par des aires amorphes sans structure bleu-gris. La présence concomitante de signes dermoscopiques de mélasma tels que le pseudo-réseau brun et les télangiectasies a été rapportée. Les aires blanches sans structure peuvent également se voir. Elles témoignent de l’utilisation de topique dépigmentant. Sur le plan histologique, l’OE est caractérisée par un dépôt de pigment jaune brun, ocre au niveau du derme. L’OE est due essentiellement à l’utilisation prolongée d’hydroquinone. Cependant, le phénol, le résorcinol, le mercure, la quinine, l’acide picrique et les antipaludéens ont été également incriminés. La dépigmentation en confettis représente un autre effet indésirable de l’hydroquinone. À notre connaissance, aucun cas d’OE associée à une dépigmentation en confettis secondaire à l’utilisation du Thiamdol® n’a été rapporté. En effet, plusieurs études ont démontré la supériorité de ce dernier, de point de vue efficacité et tolérance, par rapport à l’hydroquinone. Le seul effet indésirable rapporté était une dermatite allergique de contact. Cette observation constitue donc le premier cas qui associe deux effets indésirables du Thiamidol®, une molécule connue pour sa bonne tolérance.
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Vol 3 - N° 8S1
P. A327 - décembre 2023 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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