Analyse comparative de la composante glycanique des liquides articulaires d’arthrose et de polyarthrite rhumatoïde - 30/11/23
Résumé |
Introduction |
Les glycosaminoglycanes (GAG) sont des polysaccharides linéaires sulfatés associés à des cores protéiques pour former des protéoglycans. Ils sont présents dans la matrice extracellulaire (MEC) du cartilage et dans le liquide synovial (LS) et participent à la régulation de nombreux processus physiopathologiques. Alors que les quantités, structures chimiques et fonctions cellulaires des GAG évoluent au cours de l’arthrose (OA), il existe très peu d’informations sur ces GAG dans la polyarthrite rhumatoïde (PR). Notre étude a pour objectifs de comparer les caractéristiques quantitatives, structurales et fonctionnelles des GAG du LS de patients atteints de PR ou d’OA et de rechercher des corrélations entre ces signatures glycaniques et les données cliniques, biologiques ou radiographiques des patients.
Matériels et méthodes |
Les GAG ont été purifiés à partir de LS collectés dans la cohorte BIOGO, incluant des patients présentant une gonarthrose, ou une arthrite dans le cadre d’une PR. Des cultures de synoviocytes ont été réalisées à partir de LS de patients OA. Les GAG de LS ont été quantifiés par DMMB. L’affinité des GAG pour des Heparin-Binding Protein (HBP) a été analysée par des tests ELISA compétitifs. Enfin, l’impact des GAG sur le phénotype inflammatoire de synoviocytes a été évalué par dosage ELISA de la sécrétion d’IL-6 et d’IL-8.
Résultats |
La concentration médiane en GAG dans les LS PR (n=5) et OA (n=15) était similaire (26,4 vs 24,2μg/mL). Elle n’était pas associée à l’âge (p=0,58) ou à l’IMC (p=0,58), mais était significativement plus importante chez les hommes que chez les femmes (p=0,03). Chez les patients PR, elle n’était pas associée à la CRP seule (p=0,11), mais était très significativement corrélée à l’activité clinique de la maladie mesurée par le DAS 28 CRP (p=0,0001). Le taux de GAG dans le LS semblait également plus important chez les patients ayant une PR débutante. Chez les patients OA, elle n’était pas associée à la sévérité clinique (p=0,56) ou radiographique (p=0,46). Sur le plan fonctionnel, les GAG de LS PR et OA interagissaient avec le VEGF, le FGF2 et le PDGFBB, mais avec une affinité relativement faible par rapport à celle de l’héparine et sans différence entre les GAG OA et PR. Enfin, les GAG de LS PR induisaient une sécrétion d’IL-6 par les synoviocytes significativement plus élevée (×2) que les GAG OA.
Conclusion |
S’il n’y a pas de différence quantitative des taux de GAG dans les LS de PR et d’OA, les GAG synoviaux de PR sont corrélés à l’activité de la maladie et pourraient avoir un effet spécifique de modulation du phénotype inflammatoire. Même si ces résultats restent à confirmer, ils pourraient s’expliquer par des spécificités structurales des GAG au cours de la PR (sulfatations des GAG). En revanche, la concentration en GAG des LS OA n’était pas associée à la sévérité radio-clinique de l’OA. Ainsi, ces données confirment l’intérêt de préciser le rôle des GAG dans les maladies ostéoarticulaires pour identifier de nouvelles cibles thérapeutiques de type glycanique.
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Vol 90 - N° S1
P. A121 - décembre 2023 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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