P26 - Risque de poussée après vaccination contre le COVID-19 chez les patients atteints de sclérose en plaques en France utilisant un design « self-controlled case series » - 10/05/24
, X. Moisset 1, 2, C. Chenaf 2, 8, F. Taithe 7, S. Vukusic 4, 5, 6, E. Leray 3Résumé |
Introduction |
Les patients avec sclérose en plaques (SEP) ont eu un accès prioritaire à la vaccination contre le SARS-CoV-2. De nombreux cas de poussées subséquents à la vaccination ont été reportés dans la littérature, décourageant les patients à recevoir la dose de rappel, dans cette population parfois déjà réticente. L'objectif de cette étude était d’évaluer le risque de poussée suivant la vaccination contre le COVID-19 dans la population de patients avec SEP en France.
Méthodes |
L’étude a été réalisée en utilisant les données du Système national des données de santé (SNDS). Les patients avec SEP ont été identifiés sur la base d'une affection de longue durée (ALD) pour SEP via un code CIM-10 ou traitement spécifique et suivis jusqu'en mars 2022. Les poussées nécessitant des corticoïdes à hautes doses ont été identifiées en utilisant un algorithme précédemment publié. Un design de type « self-controlled case series » (SCCS) a été utilisé pour évaluer le risque de poussée dans les 45 jours suivant la vaccination (analyse de sensibilité avec 90 jours). Le risque a été évalué pour la première, deuxième et troisième (rappel) dose et exprimé sous la forme d'un ratio du taux d'incidence (IRR), en prenant en compte les potentiels biais liés à des critères variants dans le temps tels que la saisonnalité et les traitements de fond de la SEP.
Résultats |
Au total, 124.545 patients avec SEP ont été identifiés au 1er janvier 2021, dont 82,3 % (n=102 524) ont reçu au moins une dose de vaccin contre le COVID-19 au 31 décembre 2021, pour un total de 259 880 doses. Aucune majoration du risque de poussée n'a été constatée pour les 1e, 2e et 3e doses, pour un effet combiné donnant un IRR=0,97 [0,91–1,03], p=0,30. Cette absence de risque était aussi valable pour les sous-groupes (âge <50ans, ancienneté de la SEP <10 ans, patients utilisant des traitements de fond de la maladie). Une légère augmentation du risque de poussée a été remarquée après la dose de rappel pour les patients fortement inflammatoires (au moins deux poussées sur les deux années précédentes), principalement portée par les patients non traités, là où les traités n'avaient pas d'augmentation significative du risque.
Conclusion |
Dans cette étude d'envergure nationale sur plus de 100 000 patients avec SEP, nous n'avons pas trouvé d'augmentation du risque de poussée nécessitant l'utilisation de corticothérapie, suivant une vaccination contre le COVID-19. La vaccination contre le COVID-19 peut donc être recommandée chez les patients vivant avec une SEP les plus à risque d'infection sévère, avec une prudence toutefois pour les patients avec une forte activité inflammatoire et qui devraient être traités.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots-clés : Vaccination COVID-19, Poussée de sclérose en plaques, Self-controlled case series, SNDS
Vol 72 - N° S2
Article 202466- mai 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
