Anabolisants : « Poisons Mortels » - 17/05/24
, Laurie Gheddar 2, Christophe Maruejouls 1, Claire Trebuchet 1, Kévin Fargeot 1, Fatima Korkmazyigit 1, Laureen Thion 1, Cedric Mazoyer 3, Kati Teston 3, Pascal Kintz 2Résumé |
Objectifs |
Démontrer la responsabilité des anabolisants dans la mort d’un garde du corps retrouvé décédé dans son lit sans aucune lésion traumatique, en présence de plusieurs boites de stéroïdes anabolisants.
À l’autopsie, des signes de syndrome asphyxique ont été constatés, le décès apparaît d’origine toxique.
Méthode |
Les stupéfiants, les nouveaux produits de synthèse (NPS) et les médicaments ont été recherchés par LC-MS-MS à l’aide d’un XEVO TQS-micro (Waters) couplée à la spectrométrie de masse en tandem. Pour les anabolisants, les matrices biologiques ont été extraites en milieu liquide-liquide avec un mélange de solvants organiques (ether/dichlorométhane/hexane/alcool isoamylique) à pH 8,4. Les cheveux de couleur noire et d’une longueur de 4cm, après décontamination par le dichlorométhane ont été finement coupés pour être incubés dans 1ml de méthanol et 1ng de testosterone-d3 (EI) pour une sonification pendant 90mn et une centrifugation finale (15mn, 3000rpm).
Résultats |
Suite à l’autopsie, nous avons reçu au laboratoire les prélèvements tels que du sang fémoral, des urines, des cheveux, de la bile, du contenu gastrique, du sang cardiaque, de l’humeur vitrée ainsi que des fragments de foie et de poumons.
Chez le défunt, les prélèvements de sang et d’urines ont montré l’absence d’alcool, de stupéfiants, de médicaments psychotropes et de NPS. La recherche d’anabolisants dans le sang a montré la présence de traces (<1ng/mL) d’androstènedione, de boldenone, de nandrolone et d’oxandrolone. Les hormones sont physiologiques, avec une DHEA à 9ng/mL, une DHT à 5ng/mL et une testostérone à 5,4ng/mL. Dans les urines, il a été retrouvé de la boldénone à 0,2ng/mL, de l’oxandrolone à 50ng/mL et de la nandrolone à 2ng/mL et ses métabolites dont le 19-norandrosterone à 51ng/mL, le 19-norétiocholanolone à 23ng/mL. La testostérone est à 27ng/mL avec une épitestotérone à 1ng/mL, soit un rapport T/E de 27, soit supérieur à 4, très en faveur d’un apport exogène de testostérone. L’analyse des cheveux a mis en évidence de l’androstedione à 2200pg/mg, de la boldénone à 143pg/mg, de la DHEA à 2100pg/mg et de la testostérone à 1700pg/mg.
Les concentrations capillaires sont en faveur d’une consommation importante et répétée de testostérone et de boldenone permettant d’envisager une intoxication chronique.
Conclusion |
Les analyses ont permis de caractériser un abus régulier et massif de divers anabolisants. Ces molécules sont susceptibles de provoquer une pathologie cardiaque et hépatique avec des conséquences potentiellement létales. En absence d’examen histologique, l’expertise toxicologique apparaît ici comme primordiale pour évoquer un décès d’origine toxique lié à un abus de stéroïdes.
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Vol 36 - N° 2S
P. S23-S24 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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