Une dermatophytie profuse à Trichophyton benhamiae chez un patient immunodéprimé - 15/11/24
Résumé |
Introduction |
Trichophyton benhamiae est un champignon filamenteux, pathogène habituellement transmis par les cochons d’Inde, relativement rare. Il existe peu d’iconographie dermatologique dans la littérature.
Quelques cas ont déjà été rapportés au Moyen Orient, en Asie, en Europe, en Amérique du Sud.
Observation |
Nous rapportons le cas d’une patiente de 50 ans d’origine haïtienne, VIH positive depuis en 2002, en rupture thérapeutique depuis 2 ans, admise en hospitalisation pour des lésions cutanées évoluant depuis environ 3 semaines. Elle vivait dans un habitat informel à la campagne et avait plusieurs animaux au domicile (agoutis, chiens). Son taux de CD4 était de 35/mm3.
À l’admission, elle présentait de multiples lésions prurigineuses en cocarde, hypopigmentées, à bordure squameuse, touchant le visage, le tronc et les quatre membres, atteignant 80 % de la surface corporelle. Elle avait également des lésions érythémato-papuleuses infiltrées prurigineuses sur le tronc et des lésions très squameuses au niveau du cuir chevelu. Le prélèvement mycologique de squames d’une lésion en cocarde et sur biopsie cutanée d’une lésion papuleuse du tronc identifiait T. benhamiae.
La patiente était d’abord traitée par itraconazole per os 100mg/j puis, devant la survenue d’une neutropénie iatrogène, un relais par terbinafine 250mg/j était réalisé, pour une durée totale de 6 semaines. À l’issue de ce traitement, on notait une guérison de la totalité des lésions cutanées.
Discussion |
T. benhamiae est un champignon rare et émergent, plutôt associé aux cochons d’Inde dans la littérature. Comme le montre cette observation, il peut aussi être lié au contact avec d’autres animaux. Il existe peu de publications sur ce germe, de sorte que la clinique détaillée est mal connue. Cette observation illustre la possibilité de présentations spectaculaires, quasi-érythrodermiques, avec des lésions élémentaires non seulement à type d’herpès circiné mais aussi de papules inflammatoires. L’immunodépression de la patiente jouait probablement un rôle dans la sévérité de la présentation. Une efficacité de la terbinafine était observée.
Conclusion |
Nous rapportons une présentation de dermatophytie spectaculaire et polymorphe due au champignon émergent T. benhamiae, avec une bonne évolution sous terbinafine per os.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Plan
Vol 4 - N° 8S1
P. A232 - décembre 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement.
Déjà abonné à cette revue ?
