Hyperpigmentation faciale : penser à la démodécidose pigmentée - 15/11/24
Résumé |
Introduction |
La démodécidose est une ectoparasitose due à la prolifération du Demodex au niveau de l’infundibulum folliculaire et à son extension dermique. La démodécidose pigmentée (DP) est une entité récemment décrite. Le but de notre étude était de décrire les caractéristiques cliniques et dermoscopiques de la DP.
Matériels et méthode |
Nous avons réalisé une étude rétrospective sur une période de 2 ans, incluant les cas d’hyperpigmentation faciale secondaire à l’infestation par le Demodex ayant bénéficié d’une dermoscopie.
Résultats |
Dix cas de DP ont été recensés d’âge moyen de 41,6 ans et avec une prédominance masculine (n=8). La répartition des phototypes était : phototype III (n=3), IV (n=6) et une patiente de phototype V. Quatre patients présentaient des comorbidités : psoriasis (n=2), pemphigus vulgaire (n=1) et lichen pemphigoïde (n=1). Cliniquement, tous les patients avaient une hyperpigmentation brunâtre (n=7) ou grisâtre (n=3), diffuse (n=4) ou localisée (n=6). Quatre patients présentaient des télangiectasies. Des formes secondaires étaient observées dans 8 cas, suite à l’application de dermocorticoïdes (n=6) ou à la prise d’immunosuppresseurs (n=2). La dermoscopie révélait la présence des queues de Demodex chez tous les patients de densité variable : + (n=2), ++ (n=4), +++ (n=4). La sévérité de la pigmentation était de grade 1 (n=3) avec des points bruns prédominants, de grade 3 (n=5) avec des points et des globules de disposition réticulée interfolliculaire et de grade 4 (n=2) avec une atteinte diffuse et dense, faite de points et de globules et de structures rhomboïdes. Tous les patients ont reçu de l’ivermectine 1 % crème, seule (n=6) ou associée à la tétracycline (n=4) pendant trois mois. Un contrôle clinique et dermoscopique à la fin du traitement a révélé la disparition des Demodex et une amélioration de l’hyperpigmentation chez tous les cas, sauf pour une patiente qui a bénéficié de trois séances de peeling superficiel.
Discussion |
La DP est une entité récemment décrite, souvent confondue avec la mélanose de Riehl en raison des similitudes cliniques, dermoscopiques et histologiques. Les images dermoscopiques de la DP déjà décrites incluent les queues de Demodex entourées par un réseau pigmenté réticulaire périfolliculaire. Dans notre étude, nous avons rapporté la présence de structures rhomboïdes. Le principal diagnostic différentiel est le mélanome de Dubreuilh. Il n’existe pas de consensus pour la prise en charge de la DP. Les traitements locaux utilisés sont l’ivermectine, le peroxyde de benzoyle, le crotamiton, le métronidazole et la perméthrine. Des traitements systémiques comme l’isotrétinoïne et le métronidazole ont été proposés.
Conclusion |
La DP est une entité sous-diagnostiquée. Nous soulignons l’intérêt de la dermoscopie dans le diagnostic étiologique des hyperpigmentations faciales en général et de la DP en particulier.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Démodécidose, Dermoscopie
Plan
Vol 4 - N° 8S1
P. A375 - décembre 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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