Hormonothérapie et risque de thrombose dans le cancer du sein - 27/02/25
Résumé |
L’hormonothérapie joue un rôle essentiel dans le traitement des cancers du sein hormonodépendants.
En situation adjuvante, la durée de l’hormonothérapie doit être de 5 à 10ans, en fonction du rapport bénéfice/risque. Les études observationnelles montrent que le risque de survenue de maladie thromboembolique veineuse (MTEV) est multiplié par 2 à 3 chez les femmes traitées par tamoxifène. Dans une large cohorte anglaise publiée en 2016, le risque de MTEV sous tamoxifène était de 2,4 % par an (versus 0,58 % par an avant hormonothérapie). Le risque était plus élevé durant les 3 premiers mois de traitement (HR 5,5 ; IC95 % 2,3–12,7) qu’après 3 mois (HR 1,9 ; IC95 % 0,9–4,3). Ce risque persistait pendant les deux premières années suivant l’initiation du tamoxifène.
Le risque de MTEV associé aux traitements par anti-aromatases est moins bien documenté puisqu’il n’existe pas de comparaison directe anti-aromatases versus placebo. Les principaux essais cliniques ayant comparé les anti-aromatases au tamoxifène suggèrent que le risque de MTEV est moins élevé chez les patientes traitées par anti-aromatase que chez celles traitées par tamoxifène (incidence cumulée de MTEV à 5 ans : 2,8 % sous anastrozole versus 4,5 % sous tamoxifène dans l’étude ATAC ; 1,5 % sous létrozole versus 3,5 % sous tamoxifène dans l’étude BIG 1–98). Une méta-analyse récente montre une réduction du risque de MTEV de l’ordre de 45 % avec les anti-aromatase, par comparaison avec le tamoxifène. Dans les études de relais, après 2 à 3 ans de traitement par tamoxifène, le risque de MTEV restait significativement plus élevé chez les patientes traitées par tamoxifène que chez celles traitées par anti-aromatases.
En situation métastatique, l’hormonothérapie est le plus souvent utilisée en association avec des thérapies ciblées dont les inhibiteurs de kinases dépendantes des cyclines 4/6 (CDKis). Une méta-analyse de 7 essais randomisés contrôlés de phase 3 ayant comparé l’association CDKis+hormonothérapie versus hormonothérapie seule montre que le risque de MTEV est plus élevé en cas d’association CDKis+hormonothérapie (OR 2,90; IC95 % 1,07–7,87).
En cas de chimiothérapie et/ou d’hormonothérapie, il est recommandé de ne pas instaurer une thromboprophylaxie de façon systématique ; celle-ci doit être discutée au cas par cas, lorsqu’il existe des facteurs de risque additionnels de MTEV.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Hormonothérapie, Thrombose
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Vol 50 - N° 1
P. 8-9 - mars 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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