L’évaluation des aphasies plurilingues : la question des normes - 19/03/25
Résumé |
À l’heure actuelle, de nombreuses personnes communiquent quotidiennement dans une langue seconde (L2), acquise plus tardivement que la langue native (L1) ou/et moins bien maîtrisée [1]. Il est donc courant d’évaluer une personne avec une aphasie (PAA) dans sa L2 [2]. Cependant, les batteries d’évaluation sont normées avec des locuteurs de L1, voire monolingues, et ces normes ne sont pas adaptées pour des personnes évaluées dans leur L2. L’objectif de ce travail est d’explorer dans quelle mesure les performances langagières diffèrent entre des personnes neurotypiques testées dans leur L1 ou leur L2, afin d’aider à interpréter les performances des PAA testées dans leur L2. Pour ce faire, 100 personnes neurotypiques ont participé à cette étude. Elles ont été testées avec le Comprehensive Aphasia Test (CAT ; [3]), une batterie d’évaluation du langage [4], ainsi qu’une anamnèse linguistique détaillée [5]. Cinquante personnes étaient de L1 française ; 50 personnes étaient de L1 italienne et avaient appris le français comme L2. Deux PAA ont également été testées dans leur L1 et leur L2. Les performances au CAT étaient meilleures pour les locuteurs neurotypiques testés dans leur L1 comparativement aux locuteurs testés dans leur L2. En particulier, les locuteurs L1 obtenaient de meilleurs scores en répétition de phrases, dénomination orale/écrite, lecture à haute voix de non-mots et dictée de mots. Le degré de maîtrise subjectif, l’âge et le mode d’acquisition de la L2 avaient un impact significatif sur les scores. Alors que les deux PAA ont obtenu le même score en dénomination orale (20/24), l’interprétation de la présence d’une anomie diffère en raison de leur profil linguistique. Cette étude suggère qu’il serait intéressant de normer les tests d’évaluation du langage avec des locuteurs de langue seconde (L2). En effet, de telles normes permettraient de mieux faire la différence entre des troubles du langage liés à une lésion cérébrale et un manque de connaissances lié à la L2 chez les PAA plurilingues.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Aphasie, Plurilinguisme, Évaluation
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Vol 181 - N° S
P. S193 - avril 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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