Évolution des intoxications aiguës par sachets de nicotine en France : données des centres antipoison entre 2023 et 2024 - 26/10/25
, W. Caré 1, 2, E. Puskarczyk 3Résumé |
Objectif |
Les sachets de nicotine (nicotine pouches) contiennent des fibres de polymères imprégnées de nicotine. Sur le marché européen depuis 2018 et sans réglementation dédiée, le nombre d’unités vendues ne cesse d’augmenter. Cette présence s’est traduite par une augmentation du nombre de cas d’expositions rapportés en France aux centres antipoison (CAP) entre 2017 et 2022, en particulier chez les adolescents ayant présenté parfois un syndrome nicotinique sévère [1]. L’objectif était de décrire l’évolution de ces occurrences entre 2023 et 2024.
Méthode |
Étude rétrospective des cas rapportés aux CAP entre le 1er janvier 2023 et le 31 décembre 2024, de toute personne ayant consommé volontairement ou accidentellement un sachet de nicotine ou du snus (sachet contenant du tabac broyé, consommé de la même manière qu’un sachet de nicotine avec lequel il peut être confondu).
Résultats |
Les CAP ont reçu 90 appels en lien avec la consommation de sachets de nicotine et deux appels pour une consommation de snus : 29 cas en 2023 et 63 cas en 2024. Plus d’une personne sur deux était âgée de 12 à 17 ans (53,9 %, médiane 16 ans), avec une consommation majoritairement en milieu scolaire (64,6 %). Le sex-ratio (H/F) était de 3,4. Des signes cliniques étaient rapportés dans 70,7 % des cas. En se focalisant sur les mineurs, cette proportion passait à 86,2 %. Douze cas étaient de gravité moyenne (PSS2), concernaient des personnes âgées de moins de 20 ans, avec un syndrome nicotinique sévère nécessitant une prise en charge hospitalière. Pour huit d’entre eux, la consommation avait eu lieu dans un établissement scolaire. La méconnaissance du produit consommé était parfois rapportée : incitation par l’entourage amical ou par les réseaux sociaux dans le but de maintenir l’éveil ou d’améliorer les performances sportives.
Conclusion |
Les chiffres de 2023 et 2024 confirment les tendances précédemment observées : l’augmentation du nombre de cas rapportés (3 cas en 2020, 15 cas en 2021 et 27 cas en 2022), et le fait que les adolescents constituent la population la plus à risque d’intoxications sévères après consommation de sachets de nicotine [2]. Alors que l’encadrement législatif de la vente de ces produits est à l’étude, les risques d’intoxication à court terme et de dépendance à la nicotine à plus long terme chez les adolescents persistent. Une campagne d’information de type « Pas touche aux pouches » devrait être mise en œuvre. Par ailleurs, une attention devrait être portée à l’émergence sur le marché de sachets sans nicotine contenant des analogues nicotiniques (par exemple la 6-méthylnicotine – ou métatine), dont les données toxicologiques sont encore insuffisantes, alors que ces produits sont déjà bien implantés sur le marché européen. À titre d’exemple, la Base nationale des produits et compositions (BNPC) a reçu depuis 2023 plus de 200 déclarations de sachets à base de 6-méthylnicotine via le portail européen de notification aux CAP.
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Vol 37 - N° 3S
P. S118-S119 - novembre 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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