Facteurs de risque de progression structurale de la gonarthrose : données de la cohorte KHOALA - 02/12/25
, A.C. Rat 2, M. Wieczorek 3, A. Courties 4, J. Sellam 5, C. Roux 6, A. Saraux 7, J. Coste 8, F. Guillemin 9, P. Richette 10Résumé |
Introduction |
Les objectifs de ce travail étaient (1) de déterminer les trajectoires de progression radiographique chez des patients atteints de gonarthrose symptomatique et (2) d’identifier les facteurs prédictifs de progression de l’arthrose fémoro-tibiale et fémoro-patellaire.
Patients et méthodes |
Cette étude a porté sur les patients de la cohorte KHOALA inclus pour une gonarthrose symptomatique selon les critères ACR, avec un grade de Kellgren-Lawrence (KL) ≥ 2, et possédant des radiographies du genou index à l’inclusion et au moins une visite de suivi. Les données cliniques et radiographiques étaient collectées à l’inclusion ainsi qu’aux visites de suivi des années 3, 5 et 7 : âge, sexe, IMC, durée d’évolution de la maladie, antécédent de traumatisme du genou, comorbidités, scores de douleur et de fonction (EVA, WOMAC) et de qualité de vie (SF-36), grade de KL aux compartiments fémoro-tibial et fémoro-patellaire.
Une analyse de classes latentes a été employée pour identifier des trajectoires d’évolution radiographique sur 7 ans, en utilisant le grade de KL fémoro-tibial et fémoro-patellaire. Les modèles de trajectoires ont été comparés selon les critères de vraisemblance (log-likelihood), AIC, BIC, SABIC, ICL1/ICL2 et entropie. Le modèle optimal a été sélectionné sur la base d’un compromis entre qualité d’ajustement et interprétabilité clinique. Le risque de prothèse de genou associé à l’appartenance à chaque trajectoire a été étudié à l’aide d’un modèle de Cox ajusté sur l’âge, le sexe, l’IMC et les scores de WOMAC douleur et fonction. Un modèle de régression logistique multinomiale a ensuite été appliqué pour identifier les facteurs prédictifs d’appartenance à chaque trajectoire de progression radiographique de la gonarthrose.
Résultats |
Au total, 595 patients (âge moyen : 61,9 ans, 70,4 % de femmes, IMC moyen : 30,3 kg/m 2 ) ont été inclus dans l’analyse. L’analyse du compartiment fémoro-tibial a permis d’identifier un modèle à quatre trajectoires ( Fig. 1 ) : une trajectoire « KL bas stable » (40,5 % des patients – trajectoire de référence), une trajectoire « KL modéré peu évolutif » (16,1 %), une trajectoire « KL sévère stable » (23,7 %) et une trajectoire « KL modéré évolutif » (19,7 %). Cette dernière trajectoire était caractérisée par la plus forte progression structurale. Comparativement à la première trajectoire, toutes les trajectoires étaient associées à un sur-risque de prothèse (HR2 à HR3 : 2,67 à 11,07, p ajusté < 0,001). Les facteurs augmentant le risque d’appartenir à la trajectoire « KL modéré évolutif » étaient l’âge (OR 1,03 [IC 95 % 1,00–1,06]), le score WOMAC total (OR 1,01 [1,00–1,02]), l’antécédent de traumatisme du genou (OR 2,64 [1,51–4,61]) et l’antécédent d’asthme (OR 3,35 [1,33–8,43]). Le sexe féminin diminuait la probabilité d’appartenir à cette trajectoire (OR 0,53 [0,30–0,95]). La modélisation des trajectoires du grade de KL fémoro-patellaire n’a pas montré de sous-groupe à risque de progression sur ce compartiment.
Conclusion |
Cette étude a identifié un sous-groupe de patients avec gonarthrose à risque élevé de progression radiographique, caractérisé notamment par un âge élevé, un sexe masculin, des symptômes plus sévères et un antécédent de traumatisme du genou. L’asthme apparaît aussi comme un facteur de risque de progression de la gonarthrose jusqu’alors méconnu, ce qui renforce l’hypothèse d’une association possible entre arthrose et maladies atopiques et mérite d’être étudié de façon plus approfondie.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Plan
Vol 92 - N° S1
P. A126-A127 - décembre 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement.
Déjà abonné à cette revue ?
