Une élévation persistante de la CRP est un marqueur pronostic péjoratif dans la sclérodermie systémique : étude longitudinale au sein de la cohorte internationale EUSTAR - 02/12/25

Résumé |
Introduction |
La sclérodermie systémique (SSc) est une maladie cliniquement très hétérogène. Des biomarqueurs seraient très utiles pour aider à stratifier les patients et guider leur prise en charge. Une inflammation systémique est suspectée de jouer un rôle délétère. Notre objectif était de caractériser la relation entre des phénotypes inflammatoires définis par des valeurs répétées de CRP et des sous-groupes identifiés par l’intelligence artificielle ( machine learning ), et d’évaluer des associations avec le pronostic de la maladie défini selon les atteintes d’organes, le déclin de la fonction pulmonaire et la survie globale.
Patients et méthodes |
Nous avons analysé les patients du registre EUSTAR ayant eu ≥ 3 visites incluant des dosages de CRP. Le phénotype inflammatoire a été classé sur une période de 24 ± 6 mois comme suit : non inflammatoire : < 5 mg/L lors de ≥ 3 visites, faible intensité : 5–9,9 mg/L lors de ≥ 3 visites, intensité intermédiaire : 10–14,9 mg/L lors de ≥ 3 visites, forte intensité : ≥ 15 mg/L lors de ≥ 3 visites. Les caractéristiques à l’inclusion ont été comparées par les tests χ 2 et ANOVA. La survie a été évaluée par les courbes de Kaplan–Meier et des modèles de Cox multivariés ajustés pour l’âge, le sexe, la durée de la maladie, le sous-type cutané et l’atteinte d’organes. L’évolution de CVF et DLCO a été modélisée avec des modèles à effets mixtes. Un clustering non supervisé par k-means (k = 4) basé sur les valeurs standardisées de CVF, DLCO, mRSS et la présence ou non d’une atteinte d’organe a permis d’identifier des groupes cliniques issus des données.
Résultats |
Parmi 4474 patients inclus, 3019 (67,5 %) ont été classés comme non inflammatoires, 377 (8,4 %) à faible intensité, 369 (8,2 %) à intensité intermédiaire et 709 (15,8 %) à forte intensité inflammatoire. La survie à 10 ans était de 82,4 % pour le groupe non inflammatoire, 71,1 % pour le groupe à faible intensité, 69,5 % pour le groupe à intensité intermédiaire, 63,8 % pour le groupe à forte intensité (log-rank p < 0,001) ( Fig. 1 ). Dans les modèles de Cox ajustés, les grades inflammatoires intermédiaires à élever étaient associés à un risque accru d’aggravation du score cutané (mRSS) à 12 mois (HR = 1,9, IC 95 % 1,4–2,5), d’ulcères digitaux (HR = 2,3, IC 95 % 1,7–3,1), d’arythmies (HR = 1,7, IC 95 % 1,2–2,5), de pneumopathie interstitielle diffuse (PID) (HR = 1,6, ICV95 % 1,2–2,1), de diminution de CVF ≥ 10 % (HR = 1,5, IC 95 % 1,1–2,0), de diminution de DLCO ≥ 15 % (HR = 1,7, IC 95 % 1,3–2,2) ( Fig. 2 ). De plus, les phénotypes d’intensité intermédiaire et élevée étaient fortement associés à « toute atteinte cardiaque » (IRR= 1,9, IC 95 % 1,5–2,5) et « toute atteinte d’organe » (IRR = 2,0, IC 95 % 1,6–2,6). Le clustering non supervisé a identifié 4 groupes distincts ( Fig. 3 ) : Cluster C0 : atteintes d’organes minimales, et phénotype non inflammatoire, Cluster C1 : atteintes d’organes modérées, grade inflammatoire intermédiaire, Cluster C2 : transition vers les formes inflammatoires ; Cluster C3 : fonction pulmonaire fortement réduite, forte prévalence de PID, atteinte gastro-intestinale marquée, fortement enrichi en phénotype inflammatoire de haut grade.
Conclusion |
Une CRP élevée de manière persistante dans la SSc définit un phénotype associé à une atteinte multi-organique sévère et à une survie réduite. Le phénotypage basé sur la CRP constitue une approche pragmatique de stratification pronostique. Ces résultats ont non seulement des implications en pratique clinique courante, mais aussi pour la conception des futurs essais cliniques dans la SSc.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Plan
Vol 92 - N° S1
P. A141-A142 - décembre 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement.
Déjà abonné à cette revue ?
