SjoGEM : glomérulonéphrite extramembraneuse au cours d’une maladie de Sjögren primitive, une étude rétrospective comparative - 02/12/25
, J. Dang 2, B. Bouldoires 3, F. Garo 4, A. Grunenwald 5, T. Maillet 3, C. Ronsin 6, V. Audard 7, N. Belfeki 8, Q. Bodard 9, J.J. Boffa 10, R. Brousse 10, A. Cez 10, P. Charles 11, N. Costedoat-Chalumeau 12, A. Duquesne 13, A. Dossier 14, E. Esteve 10, V. Fages 15, J.B. Gibier 15, A. Hummel 16, N. Jourde-Chiche 17, A. Karras 18, E. Ledoult 19, V. Le Guern 12, M. Martins 20, M. Michaud 21, A. Moktefi 22, R. Snanoudj 23, T. Stehle 7, A. Ydee 24, S. Ferlicot 25, K. Chevalier 1, R. Seror 1Résumé |
Introduction |
La maladie de Sjögren (MS) primitive est une maladie auto-immune systémique touchant habituellement le compartiment tubulo-interstitiel rénal. De rares cas de glomérulonéphrite extramembraneuse (GEM) ont été rapportés, alors qu’elle constitue une atteinte glomérulaire fréquente dans le lupus systémique (LS). L’association GEM–MS primitive reste mal caractérisée. Notre objectif était d’en décrire les caractéristiques.
Patients et méthodes |
Nous avons conduit une étude rétrospective, multicentrique et nationale incluant des patients répondant aux critères ACR/EULAR 2016 de MS et présentant une GEM histologiquement confirmée, avec exclusion des autres connectivites. L’objectif principal est la réponse rénale globale à 1 an (ORR) selon les recommandations KDIGO 2024. Nous avons comparé notre cohorte à une cohorte de MS primitive sans atteinte rénale (cohorte Paris-Saclay), afin d’identifier des facteurs prédictifs de GEM ; et à une cohorte de GEM lupique pour déterminer si les GEM associées à la MS primitive présentent des caractéristiques spécifiques, distinctes de celles observées au cours du LS.
Résultats |
Vingt-neuf patients ont été inclus (24 femmes, 83 % ; âge médian 52 [41–63] ans au diagnostic de GEM). La GEM était inaugurale de la MS chez 10 patients (34,5 %) et 24 (82,8 %) présentaient une atteinte systémique associée. La présentation principale était une protéinurie, rapport protéinurie/créatininurie médian de 4 [2,2–6,5] g/g, compliquée d’un syndrome néphrotique chez 10 (35,7 %) patients et d’une insuffisance rénale chez 5 (17,9 %) d’entre eux. La biopsie rénale montrait une GEM stade 1–2, avec dépôts prédominants d’IgG4 dans 18,2 % ( n = 2/11) des cas et une néphrite tubulo-interstitielle associée dans 19 % ( n = 4/21) des cas. Douze patients (41,4 %) ont initialement reçu une néphroprotection seule, dont 8 (66,7 %) ont nécessité l’adjonction d’un immunosuppresseur. Au total, 25 patients ont reçu un traitement immunosuppresseur : 10 (40 %) du rituximab, 12 (48 %) des corticoïdes, et 3 (12 %) une bithérapie. À 12 mois, l’ORR était obtenue chez 7 patients (70 %) du groupe rituximab, 3 (100 %) du groupe bithérapie et 5/11 (45,5 %) du groupe corticoïdes ( p = 0,21). Les rechutes à 1 an ( n = 2, 18,2 %) et le recours à une seconde ligne ( n = 6, 50 %) semblaient plus fréquents sous corticoïdes, sans significativité. Une tendance à une amélioration des manifestations systémiques dans le groupe rituximab à 12 mois a été retrouvé (ESSDAI médian 9,5 [5,8–11] dans le groupe rituximab ; contre 16,0 [15,0–20,0] dans le groupe corticoïdes et 16,5 dans le groupe traitement combiné ; p = 0,11). Après un suivi médian de 26 [9,5–67,3] mois, 4 patients (13,8 %) ont rechuté, 2 sont décédés (infection et insuffisance cardiaque), 1 a évolué vers l’insuffisance rénale terminale, aucun n’a été transplanté. Comparés aux MS primitive sans atteinte rénale, les patients avec une GEM étaient plus afro-caribéen, présentaient moins de symptômes secs mais une activité systémique plus élevée et plus de signes d’activation B. Comparés aux GEM lupiques, ils avaient une atteinte rénale plus sévère et une moindre efficacité de la néphroprotection ( Fig. 1, Fig. 2 ).
Conclusion |
La GEM associée à la MS primitive, entité rare mais distincte, se caractérise par une activité systémique élevée, une réponse limitée à la néphroprotection seule, un recours fréquent aux immunosupresseurs et un intérêt du rituximab sur les réponses rénale et systémique. En cas de forme systémique ou d’activation B biologique, un suivi de la protéinurie semble indiqué. L’identification d’antigènes podocytaires et l’étude des mécanismes physiopathologiques restent nécessaires pour affiner diagnostic et prise en charge.
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Vol 92 - N° S1
P. A193-A194 - décembre 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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