Évaluation de l’efficacité à un an des patchs à la capsaïcine dans les douleurs neuropathiques chroniques en rhumatologie : étude rétrospective monocentrique en vie réelle - 02/12/25
, M. Zulian, D. Frappat, F. Sageloli, A. Dupeux, M. De La Forest DivonneRésumé |
Introduction |
Les douleurs neuropathiques compliquent les pathologies rhumatologiques notamment lors de radiculopathies chroniques, et demeurent souvent résistantes aux traitements conventionnels. Les patchs cutanés à la capsaïcine constituent une alternative locale, non systémique, dont l’efficacité est encore peu documentée en rhumatologie, utilisés en seconde intention après la méthode de rééducation sensitive de la douleur dans notre structure spécialisée douleurs chroniques. L’objectif de ce travail est d’évaluer l’efficacité des patchs à la capsaïcine sur un an en vie réelle.
Matériels et méthodes |
Étude rétrospective monocentrique, incluant tous les patients traités par patchs à la capsaïcine entre décembre 2019 et août 2025. Les douleurs étaient évaluées par un bilan sensitif avant traitement puis après chaque application trimestrielle, jusqu’à 12 mois. Le critère principal était la variation du Questionnaire de la Douleur de Saint-Antoine (QDSA, composantes sensorielle et affective). L’échelle numérique (EN) était recueillie en critère secondaire. En cas de données manquantes, nous avons considéré qu’il n’existait pas de variation.
Résultats |
Vingt-huit patients ont été inclus (71 % de femmes, âge moyen 52,8 ± 13,3 ans), avec un nombre moyen de 5,1 ± 2,3 patchs. Les indications principales étaient les douleurs radiculaires séquellaires des membres inférieurs (68 %), suivies des méralgies paresthésiques (11 %) et des douleurs péri-cicatricielles (7 %). Dix-huit patients ont pu bénéficier de 4 applications de patchs. Sur ces 18 patients, le score QDSA total diminuait significativement de −19,4 points ( p < 0,05 soit une diminution de 56,3 %), essentiellement sur la composante sensorielle (−20,1 points). L’amélioration sur l’EN était plus modeste (−1,5 points, p = NS). L’évolution montrait un bénéfice progressif après 3 à 4 applications ( Fig. 1 ) ( Fig. 2 ) ( Fig. 3 ).
Discussion |
Nos résultats confirment l’efficacité des patchs à la capsaïcine dans les radiculopathies séquellaires, moins étudiées que les neuropathies diabétiques ou post-zostériennes des essais pivots. Le bénéfice prédominant sur la composante sensorielle, insuffisamment reflété par l’EN, souligne l’intérêt de la méthode de rééducation sensitive et d’outils spécifiques comme le QDSA. En pratique, nous observons un effet plateau après 4 à 5 patchs, à confirmer par une étude sur le long terme, ce qui pourrait guider une stratégie d’espacement des poses de patchs. Cependant, il existe des facteurs confondants tels que les traitements médicamenteux associés qui peuvent impacter l’évolution des douleurs. Les limites principales sont le faible effectif, le caractère rétrospectif et monocentrique, et la durée de suivi limitée.
Conclusion |
En vie réelle, les patchs de capsaïcine constituent une alternative locale, efficace et bien tolérée, pour les douleurs neuropathiques d’origine rhumatologique. L’originalité de ce travail réside dans la mise en évidence d’un bénéfice sensoriel marqué, d’une possible adaptation du rythme de traitement après obtention d’un plateau d’efficacité à confirmer dans une étude sur le long terme, et d’une pertinence particulière dans les radiculopathies séquellaires, fréquentes en pratique rhumatologique.
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Vol 92 - N° S1
P. A220-A221 - décembre 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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