Optimisation de l’efficacité du plasma riche en plaquettes par le pentosan polysulfate dans l’arthrose : étude in vitro - 02/12/25
Résumé |
Introduction |
Les injections intra-articulaires de plasma riche en plaquettes (PRP) constituent un traitement en plein essor dans la gonarthrose. In vitro, le PRP a des effets anti-inflammatoires et pro-anaboliques, liés à la libération par les plaquettes de très nombreux médiateurs tels que des facteurs de croissance et des cytokines. Or, la majorité d’entre eux sont des « heparin binding proteins » (HBP), qui ont la capacité de se fixer à des glycosaminoglycanes (GAG) qui vont moduler leurs activités. Tandis qu’il est décrit dans la littérature que les PRP provenant de sujets arthrosiques ont un effet anabolique moindre sur des chondrocytes en culture, des résultats de notre équipe ont montré que la composition glycannique des PRP variait en fonction du statut arthrosique, et que leurs GAG avaient un impact sur les effets cellulaires des PRP. Nous émettons donc l’hypothèse qu’il serait intéressant de moduler la signature glycanique des PRP pour optimiser leur efficacité notamment par des mimétiques de GAG. Le Pentosan polysulfate (PPS) apparaît comme un bon candidat, car il a une structure proche des héparanes sulfates (HS), a la capacité d’interagir avec des HBP et a, par ailleurs, montré un effet chondroprotecteur in vitro et in vivo.
Matériels et méthodes |
Des GAG ont été extraits à partir de PRP de patients atteints de gonarthrose (PRP OA, n = 3), inclus dans la cohorte BIOGO, et de PRP contrôles (PRP CT, n = 6) obtenus de l’EFS. La quantification des GAG totaux, de PRP a été effectuée par dosage DMMB et une analyse semi-quantitative des tailles des GAG obtenus a été réalisée par migration sur gel de polyacrylamide, en comparaison avec le PPS. La capacité du PPS à interagir avec des HBP a été comparée à celle des PRP OA et CT, lors de tests ELISA compétitifs. Parallèlement, l’impact de différentes concentrations de PPS (10, 20, 40 et 80 μg/mL), du PRP OA et de l’association PPS + PRP OA sur le phénotype de chondrocytes murins en culture a été analysé 72 heures après stimulation par l’analyse de différents marqueurs anaboliques (ACAN, COL2A1, SOX9) et cataboliques (MMP-3, MMP-13, ADAMTS5) par RT-qPCR.
Résultats |
La concentration médiane en GAG de PRP OA était plus élevée que celle des PRP CT ( p = 0,0004) mais les proportions d’HS et de CS étaient comparables. L’analyse sur gel a mis en évidence une grande hétérogénéité de taille des HS et CS de PRP, sans différence qualitative ni quantitative en fonction du statut arthrosique, mais avec des tailles toujours supérieures à celle homogène du PPS. Les ELISA compétitifs ont montré que le PPS était capable de se lier aux HBP tels que le VEGF et la PTN (pléitrophine), avec une affinité supérieure aux GAG de PRP pour le VEGF et inférieure pour la PTN. Sur les cultures chondrocytaires, le PPS induisait une expression supérieure des marqueurs pro-anaboliques mais également cataboliques comparativement aux GAG de PRP OA. Enfin, l’association PPS 10 μg/mL + PRP OA 10 % induisait l’expression des gènes anaboliques COL2A1 (FC = 26,58), ACAN (FC = 1,689) et SOX 9 (FC = 92,475) comparativement au PRP seul alors que l’association PPS 20 μg/L + PRP OA 5 % semblait inhiber l’expression des gènes cataboliques MMP-3 (FC = −2,239) et MMP-13 (FC = −1,354). Des expériences semblables sont en cours pour évaluer l’effet de ces associations thérapeutiques sur le phénotype inflammatoire des synoviocytes arthrosiques ( Fig. 1 ).
Conclusion |
Bien que préliminaires, ces données ouvrent la voir vers l’utilisation de traitement combiné avec le PRP, notamment via l’ajout de GAG Mimétique dans l’arthrose.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Plan
Vol 92 - N° S1
P. A321-A322 - décembre 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement.
Déjà abonné à cette revue ?

