Consommation d’aliments ultra-transformés dans les maladies rhumatologiques chroniques : l’étude NutriRIC - 02/12/25

Résumé |
Introduction |
Les aliments ultra-transformés constituent une part importante de l’alimentation non seulement dans les pays occidentaux, mais aussi dans les régions à faibles revenus. Ce mode alimentaire est associé à une inflammation systémique de bas grade, un facteur clé impliqué dans le développement et la persistance de diverses maladies non transmissibles, notamment les affections rhumatismales chroniques.
Patients et méthodes |
Nutriric est une étude de cohorte prospective monocentrique réalisée au sein du service de rhumatologie de l’hôpital Édouard-Herriot. L’objectif principal était de caractériser la consommation d’aliments ultra-transformés et leur impact chez des patients atteints de maladies rhumatismales chroniques comparés à des témoins indemnes. À baseline , les participants ont rempli le questionnaire NOVA UPF, et nous avons calculé le ratio UPF/non-UPF pour quantifier la proportion d’aliments ultra-transformés dans leur alimentation globale. Les ratios UPF/non-UPF ainsi que la distribution des valeurs ont été comparés entre les groupes à l’aide de modèles de régression ajustés sur l’âge et l’IMC.
Résultats |
Au total, 240 participants ont été inclus (60 témoins, 60 atteints de polyarthrite rhumatoïde [PR], 60 de spondylarthrite [SpA], et 60 d’arthrose [OA]), avec un âge moyen de 56,3 ans et un IMC moyen de 26,5 kg/m 2 . Le ratio moyen UPF/non-UPF était numériquement plus élevé chez les patients rhumatismaux par rapport aux témoins : respectivement 1,3 ± 2,11 pour l’OA, 1,1 ± 1,1 pour la SpA, 1 ± 0,9 pour la PR et 0,86 ± 1,4 pour les témoins ( p ns). Après ajustement sur l’âge et l’IMC, les patients atteints de PR et de SpA avaient une probabilité significativement plus élevée d’appartenir aux quartiles supérieurs de consommation d’aliments ultra-transformés comparé aux témoins (OR : 3,12 [IC95 % : 1,24–8,28], p < 0,005 pour la PR ; OR : 3,60 [IC95 % : 1,42–10,00], p < 0,005 pour la SpA). L’association était plus faible et non significative pour les patients OA (OR : 1,7 [IC95 % : 0,7–4,34], p = ns). De plus, bien que non statistiquement significatif, les individus en surpoids ou obèses avaient tendance à consommer une plus grande proportion d’aliments ultra-transformés que ceux ayant un IMC normal, ce qui est cohérent avec la littérature antérieure. Aucune différence de consommation significative n’a été observée selon le niveau d’activité de la maladie dans ce travail ( Fig. 1 ).
Conclusion |
Cette étude pilote observationnelle prospective met en évidence une consommation significativement plus importante d’aliments ultra-transformés chez les patients atteints de maladies rhumatismales chroniques comparés aux témoins. Ces résultats sont en accord avec les recherches précédentes et soulignent la nécessité de réaliser des études plus larges et suffisamment puissantes afin de préciser l’importance de l’effet et l’impact potentiel de la consommation d’aliments ultra-transformés sur l’activité de la maladie.
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Vol 92 - N° S1
P. A57 - décembre 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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