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Incidence de transformation hématologique maligne chez des patients atteints de MGUS et traités par tériparatide pour une ostéoporose : résultats d’une étude rétrospective observationnelle - 02/12/25

Doi : 10.1016/j.rhum.2025.10.390 
R. Cassez 1, , B. Cortet 2, B. Bouvard 3, D. Theis 4, S. Manier 5, J. Paccou 6, C. Philippoteaux 1
1 Rhumatologie, CHRU de Lille, hôpital Roger-Salengro, Lille 
2 Rhumatologie, CHU de Lille, Lille 
3 Service de rhumatologie, CHU Hôtel-Dieu, Angers 
4 Département d’information médicale, CHU de Lille, Lille 
5 Hématologie, CHU de Lille, Lille 
6 Service de rhumatologie, hôpital Roger-Salengro, Lille 

Auteur correspondant.

Résumé

Introduction

L’ostéoporose est une pathologie osseuse fréquente, dont les options thérapeutiques restent limitées, notamment chez les patients comorbides. La gammapathie monoclonale de signification indéterminée (MGUS), de prévalence croissante avec l’âge, est souvent retrouvée dans les populations ostéoporotiques. Par précaution, le tériparatide (TPT) est déconseillé dans ce contexte, réduisant encore les alternatives. L’objectif est d’évaluer l’incidence des transformations hématologiques malignes chez des patients ostéoporotiques traités par TPT et porteurs d’une MGUS.

Matériels et méthodes

Une étude observationnelle rétrospective multicentrique a été conduite au sein des CHU de Lille et d’Angers (2016–2022). Les patients inclus présentaient une ostéoporose et un diagnostic confirmé de MGUS au moment de l’instauration du traitement par TPT. Les données relatives aux paramètres démographiques, hématologiques et osseux, ainsi que la tolérance du TPT ont été recueillies.

Résultats

Vingt-neuf patients (69 % de femmes ; âge moyen 72,6 ± 12,6 ans ; IMC moyen 26,6 ± 6,2 kg/m 2 ) ont été analysés. La majorité présentait des comorbidités significatives (89,7 % avec un indice de comorbidité de Charlson [CCI] 3) ( Tableau 1 ). La MGUS était de type IgG chez 16 patients (55,2 %) et de type IgM chez 12 patients (41,4 %). Deux cas d’hémopathie maligne ont été identifiés au cours du suivi ( Tableau 2 ) : un myélome multiple (MM) après 7 ans (CCI = 4) et une maladie de Waldenström après 21 mois (CCI = 5). La MGUS était à risque intermédiaire pour ces deux cas. Le traitement par TPT a été globalement bien toléré, avec seulement 17,2 % d’arrêts prématurés. Onze patients (37,9 %) ont bénéficié d’un suivi hématologique. Une amélioration significative du T-score au rachis lombaire a été observée (T-score : +0,66 ; p = 0,012).

Discussion

Cette étude a mis en évidence deux cas de progression maligne : un MM symptomatique et une macroglobulinémie de Waldenström. Compte tenu du délai de survenue du cas de MM, l’imputabilité du TPT dans la transformation apparaît peu probable. Cette étude souligne l’intérêt d’une stratification des MGUS selon le risque de transformation en MM (score Mayo Clinic, Rajkumar SV et al., 2005), puisque les 2 cas sont survenus dans un contexte de MGUS de risque intermédiaire, concordant avec les quelques cas rapportés dans la littérature.

Conclusion

Chez des patients ostéoporotiques atteints de MGUS, le traitement par TPT s’est révélé efficace et globalement bien toléré. Deux cas de progression maligne ont été observés, uniquement chez des patients avec MGUS à risque intermédiaire, et de survenue tardive pour le MM. Ces résultats suggèrent que le TPT peut être envisagé dans des cas sélectionnés d’ostéoporose sévère avec MGUS, sous réserve d’une surveillance hématologique étroite ( Fig. 1 ).

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