Facteurs de risque de fracture vertébrale au cours du suivi des gammapathies monoclonales - 02/12/25
, H. Racapé, E. Hoppe, E. Legrand, B. BouvardRésumé |
Introduction |
La gammapathie monoclonale de signification indéterminée (MGUS) est une hémopathie plasmocytaire pré-maligne associée à un risque accru de fractures, comme l’ont montré des études rétrospectives. Les facteurs de risque de fragilité osseuse associés aux MGUS restent mal connus. L’objectif de cette étude était d’analyser prospectivement les variations de la densité minérale osseuse (DMO), l’incidence des fractures et les paramètres biologiques chez des patients atteints de MGUS, afin d’identifier les facteurs de risque de fragilité osseuse.
Patients et méthodes |
Il s’agit d’une étude de cohorte prospective et monocentrique incluant des patients porteurs d’une gammapathie monoclonale. Tous les patients ont eu une première évaluation osseuse et hématologique (données cliniques, biologiques, radiographies du rachis, densitométrie osseuse) au moment de la découverte de la gammapathie monoclonale et ont été invités à une réévaluation à 2 ans.
Résultats |
Au total, 491 patients avec 2 évaluations ont été inclus (51,7 % de femmes, âge moyen de 67,5 ans). La chaîne lourde la plus fréquente était l’IgG (53,6 %), suivie de l’IgM (29,3 %) et de l’IgA (10,4 %). La chaîne légère était kappa dans 57,6 % des cas. Parmi les participants, 96,7 % étaient atteints de MGUS, 1,8 % de myélome multiple indolent (SMM) et 1,4 % de macroglobulinémie de Waldenström indolente (SWM). Lors de l’évaluation initiale, 31,8 % des patients étaient considérés comme ostéoporotiques, 10,8 % présentaient au moins une fracture vertébrale ostéoporotique et 22,2 % avaient une ostéoporose densitométrique. Après cette première évaluation, 94 patients ont reçu un traitement anti-ostéoporotique. Lors du suivi, 57 patients ont présenté un nouvel événement osseux, incluant 32 nouveaux cas d’ostéoporose densitométrique et 30 fractures ostéoporotiques majeures, dont 24 fractures vertébrales. Les patients ayant développé de nouveaux événements osseux étaient significativement plus âgés et avaient plus souvent un antécédent de fracture vertébrale. L’âge (OR : 1,05) et l’antécédent de fracture vertébrale (OR : 3,3) étaient significativement et indépendamment associés à un nouvel événement osseux. De même, l’âge (OR : 1,09 ; IC95 % : 1,04–1,16) et les antécédents de fracture vertébrale (OR : 2,92 ; IC95 % : 1,04–1,16) étaient indépendamment associés à la survenue d’une nouvelle fracture vertébrale ostéoporotique. Aucune caractéristique de la gammapathie n’était associée à la survenue d’une fracture vertébrale. Les patients traités par bisphosphonates après la première évaluation ont eu une augmentation significative de la DMO, alors qu’aucun changement significatif de DMO n’a été observé chez les patients non traités.
Discussion |
Il s’agit de la première étude prospective, avec des données hématologiques et osseuses complètes, évaluant les facteurs de risque de fragilité osseuse dans une population de MGUS. La principale limite de l’étude est le délai court entre les 2 évaluations.
Conclusion |
Au cours du suivi, aucune caractéristique de la gammapathie n’est associée à la survenue d’une fracture vertébrale ostéoporotique incidente. L’antécédent de fracture vertébrale ostéoporotique reste le principal facteur de risque de nouvelle fracture vertébrale en cas de MGUS.
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Vol 92 - N° S1
P. A72 - décembre 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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