Évaluation du risque de cancers selon la durée d’exposition aux thérapies ciblées des patients atteints de spondyloarthrites : étude de cohorte à partir des données du SNDS - 02/12/25

Résumé |
Introduction |
L’objectif principal de cette étude était d’évaluer l’association entre la durée d’exposition aux thérapies ciblées dans les spondyloarthrites (SpA) (rhumatisme psoriasique [RhPso], SpA axiale et autres) et le risque de survenue de cancers (solides ou hématologiques). Les objectifs secondaires étaient d’examiner si cette association variait selon le type de SpA, d’analyser spécifiquement le risque associé aux anti-TNF, thérapie ciblée la plus prescrite, et d’étudier séparément le risque de cancers solides et d’hémopathies malignes.
Matériels et méthodes |
Une cohorte issue du SNDS a inclus tous les adultes avec SpA initiant une thérapie ciblée (anti-TNF, anti-IL17, anti-IL12/23, anti-IL23, anti-JAK) entre 01/2014 et 09/2022. Les antécédents de cancer, d’infection par le VIH ou de transplantation constituaient des critères d’exclusion. Le suivi débutait après un délai de latence (shift) de 3 mois suivant l’initiation de la thérapie et se terminait le 31/12/2024. L’exposition aux thérapies ciblées était mesurée chaque année (Y) pendant toute la période de suivi et était catégorisée chaque Y en (i) ≤ 6 mois, (ii) > 6 mois. Le critère principal était la survenue d’un cancer. Des ratios de risque pondérés (HRp) étaient estimés via des modèles structurels marginaux avec pondération par probabilité inverse de l’exposition et de censure, permettant de prendre en compte l’exposition aux thérapies ciblées au cours du temps et le biais, avec un ajustement supplémentaire sur le nombre de classes de thérapies reçues et la période calendaire.
Résultats |
Au total, 56 591 patients initiant une thérapie ciblée pour une SpA ont été inclus (30 497 femmes [53,9 %] ; âge moyen 44 ± 13 ans ; suivi médian de 5 ans [IQR : 3,6–5,0]). La majorité des premières lignes (90,0 %) était des anti-TNF. Le nombre médian de classes différentes au cours du suivi était de 1 (IQR : 1–2). Le nombre total de cancers était de 1 224 (1029 solides, 116 hémopathies, 79 inclassés), correspondant à un taux d’incidence brut de 402 pour 100 000 personnes années (PA) (IC9 = 378–427) pour les cancers solides et de 45 pour 100 000 PA (IC95 = 37–54) pour les hémopathies malignes. Les cancers solides les plus fréquents étaient le cancer du sein ( n = 272), de la prostate ( n = 120), des voies urinaires ( n = 111), du poumon ( n = 102), le cancer colorectal ( n = 70) et le mélanome ( n = 68). Les hémopathies malignes les plus fréquentes étaient le lymphome non hodgkinien ( n = 46) et les leucémies (aiguës et chroniques ; n = 42). Dans l’analyse principale, le risque de cancer était significativement diminué chez les patients exposés > 6 mois aux thérapies ciblées au cours de l’année précédente, comparés à ceux qui étaient exposés ≤ 6 mois (HRp = 0,86 ; IC95 : 0,75–0,99). Dans l’analyse en sous-groupe selon le type de cancer, cette association ne persistait que pour le risque d’hémopathies malignes (HRp = 0,65 ; IC95 : 0,42–0,99) et non pas pour le risque de cancers solides (HRp = 0,92 ; IC95 : 0,79–1,08) ( Tableau 1 et Fig. 1 ).
Conclusion |
Cette large cohorte nationale ne mettait pas en évidence de surrisque de cancer solide chez les patients exposés > 6 mois aux thérapies ciblées. Un effet protecteur était observé dans les hémopathies malignes, potentiellement via un meilleur contrôle de la maladie. Cependant, la nature observationnelle de l’étude ne permet pas d’établir de lien causal, et certains facteurs confondants potentiels (tels que l’intoxication alcoolo-tabagique ou l’activité de la maladie) n’ont pas pu être pleinement pris en compte.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Plan
Vol 92 - N° S1
P. A81 - décembre 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement.
Déjà abonné à cette revue ?
