Case report : le mystère de l’hypoglycémie - 07/12/25
, M. Viault, L. Escapoulade, S. RajezakowskiRésumé |
Contexte |
Une patiente de 69 ans a été hospitalisée en raison d’une hypoglycémie sévère à domicile, sans présence évidente d’hypoglycémiants dans ses traitements (TT) actuels. Elle présente comme antécédent un accident vasculaire cérébral (AVC) ischémique, une hypertension artérielle, un diabète non insulinodépendant et un carcinome mammaire. Le cas a été soumis aux pharmaciens cliniciens afin de clarifier et résoudre les contradictions apparentes dans les TT signalés devant une hospitalisation qui se prolonge et de nombreux examens complémentaires qui se révèlent infructueux.
Objectifs |
Montrer l’intérêt d’un bilan de médication (BM) à travers le cas de cette patiente.
Patients et méthodes |
Une interne en collaboration avec un pharmacien clinicien ont procédé à un BM.
Résultats |
Vingt-quatre médicaments ont été identifiés dont des TT de la prévention secondaire post-AVC, des anti-diabétiques, des anxiolytiques, des anti-glaucomateux, et des traitements oncologiques. Le BM a révélé que, malgré l’absence d’hypoglycémiants sur la dernière ordonnance, la patiente continuait de prendre du gliclazide, arrêté par le médecin traitant depuis 5 jours. L’introduction, depuis 1 mois, d’abemaciclib a été identifié comme un facteur d’anorexie associé à des nausées/vomissements aggravant le risque d’hypoglycémie sous sulfamides. Aussi, on retrouve dans ses TT actuels, la gabapentine, connue pour potentialiser les hypoglycémies. La persistance de l’utilisation de gliclazide, combinée aux effets de la gabapentine et à la modification récente de l’alimentation par l’ajout de l’abemaciclib, explique les épisodes hypoglycémiques observés, ce qui a conduit à la suspension de l’abemaciclib et l’arrêt définitif du gliclazide. Une déclaration de pharmacovigilance a été réalisée.
Discussion/Conclusion |
Ce cas a mis en lumière l’importance du BM, particulièrement dans des situations où les symptômes potentiellement iatrogènes ne correspondent pas aux TT documentés. Aussi, il illustre l’impact significatif du BM dans la résolution de problèmes diagnostiques complexes, en identifiant notamment des problèmes liés à la thérapeutique pouvant conduire à des événements indésirables graves. Cet incident souligne la nécessité d’une surveillance stricte des TT, surtout en cas de polymédication, d’une communication efficace entre les différents intervenants de santé et l’implication des patients dans l’explication de leurs TT.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Anticancéreux, Iatrogène, Pharmacovigilance
Plan
Vol 60 - N° 4
P. e141 - décembre 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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