Optimisation des connaissances des professionnels de pharmacie d’officine sur les traitements immunosuppresseurs : enjeux et perspectives pour une meilleure prise en charge des patients - 07/12/25

Résumé |
Contexte |
Les traitements immunosuppresseurs (IS) sont essentiels pour prévenir le rejet de greffe, mais leur utilisation s’étend également à de nombreuses pathologies auto-immunes (lupus, polyarthrite rhumatoïde, maladies inflammatoires chroniques de l’intestin). Ces traitements exposent les patients à des risques majeurs, notamment les infections, les interactions médicamenteuses (IM) et des effets indésirables spécifiques. Dans ce contexte, les professionnels d’officine jouent un rôle clé, mais des lacunes dans leurs connaissances pourraient compromettre la sécurité et l’accompagnement des patients sous IS. L’éducation thérapeutique du patient (ETP) et la formation continue sont donc essentielles pour garantir une prise en charge optimale.
Objectifs |
Cette étude vise à évaluer les connaissances et pratiques des professionnels de santé en officine sur la gestion des IS et les risques associés. Elle cherche également à identifier les lacunes, afin d’améliorer leur rôle dans l’accompagnement des patients sous IS.
Patients et méthodes |
Une étude observationnelle nationale a été menée via un questionnaire en ligne diffusé auprès de professionnels de pharmacie. Il explorait les connaissances sur les IS, les IM, les recommandations spécifiques (exposition solaire, automédication), la gestion des risques infectieux. Une analyse descriptive des résultats a permis d’identifier les principales lacunes et axes d’amélioration.
Résultats |
Les scores obtenus révèlent des disparités significatives entre les différents groupes professionnels. Les pharmaciens obtiennent de meilleurs résultats que les préparateurs et étudiants, mais des lacunes majeures persistent. Par exemple, seuls 41,5 % des pharmaciens identifient correctement les IM courantes impliquant les IS et 42,6 % connaissent les signes de rejet de greffe, malgré l’importance de leur rôle dans le suivi thérapeutique. De plus, seuls 22,6 % des professionnels savaient que l’automédication est fortement déconseillée chez ces patients, ce qui expose à des risques accrus de complications, notamment avec les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). Enfin, la formation en ETP reste insuffisante : seuls 51,4 % des pharmaciens, 28 % des étudiants et 5,3 % des préparateurs déclarent avoir reçu une formation sur le sujet, limitant leur capacité à accompagner efficacement ces patients.
Discussion/Conclusion |
Cette étude met en évidence des insuffisances préoccupantes dans la formation des professionnels de pharmacie sur la gestion des IS, impactant potentiellement la prise en charge de nombreux patients, bien au-delà des seuls transplantés. Renforcer la formation initiale et continue sur ces traitements est une nécessité. Le développement d’outils pratiques, comme des fiches de synthèse intégrées aux prescriptions, ainsi que l’intensification des échanges entre pharmacies et hôpitaux pourraient améliorer la qualité des conseils délivrés et optimiser la prise en charge des patients sous IS.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Health literacy , Immunosuppressive agents , Pharmaceutical services
Plan
Vol 60 - N° 4
P. e45-e46 - décembre 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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